Gestion financière de la participation
La loi autorise les deux choix suivants pour
investir la participation :
Gestion financière en direct :
- en droits de créance sur l'entreprise,
matérialisés par un compte courant
bloqué au nom de chaque salarié, ouvert
par l'entreprise. Ce compte procure une
rémunération minimale égale au taux
moyen de rendement des obligations des sociétés
privées, le TMO.
- en titres de l'entreprise ou en FCPE ou SICAV
constituées de titres de l'entreprise.
Gestion financière sur un Plan
d'épargne salariale :
Les choix de supports financiers sont ceux de chacune des
enveloppes
PEE ou PEI,
ou
PERCO.
Les comptes courants bloqués, un mode de gestion
prisé par les entreprises et les salariés, mais
attaqué par chaque nouvelle loi de réforme de
l'épargne salariale
Les comptes courants bloqués continuent à
être utilisés par les employeurs,
notamment les PME mais aussi de grandes entreprises. C'est en effet un
dispositif intéressant pour les deux parties :
- Le salarié bénéficie d'un
placement à un taux de rendement garanti par l'employeur et
fixé dans l'accord de participation, ce qui
est appréciable dans un contexte de
marchés financiers volatils.
- L'employeur bénéficie de ressources
financières à bon prix - si son accord de
participation est bien négocié - en tout cas,
à des conditions favorables par rapport à un
emprunt bancaire. Il doit consacrer ces ressources à des
investissements.
Les comptes courants
bloqués sont remis en cause par les employeurs car
de nombreux accords, négociés il y a de
nombreuses années, comportent des taux de rendement fixes
à des niveaux très élevés
par rapport aux marchés obligataires (nous avons
vu par exemple un taux de 11% toujours octroyé par
une grande entreprise en 2010 à ses salariés).
Sous la pression des gestionnaires d'épargne salariale
intéressés par la
récupération de capitaux à
gérer dans les OPCVM qu'ils proposent, de
nombreuses entreprises ont supprimé les comptes
courants bloqués au lieu d'en ajuster le taux à
la baisse, en le calant sur le taux moyen des obligations du secteur
privé, le TMO,
comme le permet la loi.
Les comptes courants bloqués peuvent inspirer des craintes
aux salariés qui perdent leur épargne si
l'entreprise fait faillite. Le fonds AGS de garantie des salaires
intervient dans certaines conditions.
Lorsque une gestion en compte courant bloqué est
proposée, il est obligatoire depuis la loi du 31
décembre
2006 de proposer également aux salariés le
placement de
leur participation sur des fonds diversifiés via un PEE.
L'Article
L3323-3 du code du travail stipule : "Un accord de participation ne
peut prévoir l'affectation des sommes constituant la
réserve spéciale
de participation uniquement à un compte courant
bloqué." La loi du 10
novembre 2010 enfonce le clou et poursuit ses attaques contre les
comptes courants bloqués : "Tout accord de
participation doit
être
mis en conformité avec la loi au plus tard le 1/1/2013."
Toute gestion de la participation en comptes courants
bloqués devra donner lieu à l'ouverture d'un PEE
comprenant des fonds diversifiés.