Réforme des retraites : cliquer ici
Epargne salariale et Financement de l'industrie
Video de la conférence de presse
des ministres Christine Lagarde et Christian Estrosi du 8/7/10 à
propos de la Conférence Nationale de l'Industrie. Une prochaine
loi "sur les nouvelles régulations financières"
débattue à partir de septembre prochain créerait
deux 2 fcpe en valeurs industrielles, l'un en valeurs cotées et
l'autre en valeurs non cotées. Des mesures coercitives seraient
prises pour diriger le stock d'épargne salariale (80
milliards€) et les flux (2 milliards €) vers ces fonds.
L'idée d'un livret d'Epargne Développement Industrie
serait examinée dans un 2e temps.
(écouter l'exposé initial de Mme Lagarde, puis
à la minute 22:34 en réponse à un journaliste).
Notre commentaire : le stock de 80 MM€ est aujourd'hui investi
à moitié en actionnariat salarié (coté ou
non coté), un autre quart est investi en monétaire, le
quart restant est investi en fcpe diversifiés. Ce stock est
détenu par un très grand nombre de salariés ( 8
à 10 millions selon les comptages). Il est ainsi impossible
matériellement de bouger rapidement ce stock vers de nouveaux
produits, même s'ils présentent des
caractéristiques exceptionnelles (taux garanti
élevés, perspectives de rendement élevés ou
crédit d'impôt sur le transfert ?!).
Dépôt des accords d'épargne salariale : changement d'adresses
En raison de la réforme territoriale en cours, les accords
d'intéressement, participation, PEE et PERCO qui étaient
jusqu'à présent déposés à la
Direction Départementale de l'Emploi, de la Formation
Professionnelle doivent désormais être
déposés à la DIRECCTE (Directions
Régionales des Entreprises, de la Concurrence de la
Consommation, du Travail et de l'Emploi, entités qui regroupent
notamment les directions régionales et départementales du
travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP et
DDTEFP).
Adresses des DIRECCTE.
Avantages fiscaux au financement
des PME contre Association des salariés à leur croissance
: des propositions de l'AFG
L'AFG a publié le 28 juin 2010 des propositions
visant à adapter le dispositif de
réduction d'impôt à échoir fin 2010, dont
bénéficient les souscripteurs de FIP (fonds
d'investissment de proximité) et de FCPI (fonds commun de
placement dans l'innovation), deux dispositifs permettant le
financement de PME. Nous relevons deux idées de
l'AFG qui nous paraissent fondées pour garantir
l’utilité économique du cadeau fiscal :
- Conditionner l'octroi des réductions d'impôt
uniquement au financement de PME qui emploient un nombre minimum
de salariés, "afin d’éviter que les financements ne
soient dirigés vers des « coquilles »", ce qui
sous-entend que cette situation se produit....
- Conditionner l'octroi des réduction d'impôt
uniquement au financement de PME qui associent l'ensemble de leurs
salariés à la croissance de l'entreprise, via des accords
d'intéressement ou de participation.
Proposition à suivre, notamment dans le cadre de la
réforme de l'épargne retraite, intéressement et
participation étant en effet deux puissants flux d'alimentation
des PERCO.
Réforme des retraites
Suivre la réforme :
www.retraites2010.fr
Calendrier à venir :
- Mardi 13 juillet : présentation du projet de loi en Conseil des Ministres,
- 21, 22 et 23 juillet : présentation du projet
à la Commission des affaires sociales de l'Assemblée
Nationale, accéder au dossier)
- 7 Septembre : début des discussions au Parlement,
- Octobre :
- Discussion de la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2011,
- Discussion de la loi de finances pour 2011.
Le
projet du gouvernement a été présenté à la presse le 16 juin 2010. En voici nos commentaires :
Un projet actuellement centré sur la réforme du régime de retraite de base
Pour les salariés du
secteur privé, la réforme présentée
concerne uniquement le régime Vieillesse de la
Sécurité Sociale, régime de base appelé
aussi 1er pilier, qui est géré par la CNAV. Pour
mémoire, ce régime procure au maximum une retraite
égale à un peu moins de la moitié du plafond
annuel de la sécurité sociale, soit une pension d'environ
17 000 € par an en 2010. Voir le
simulateur de la CNAV.
La pension Vieillesse est complétée d'une retraite issue
d'un régime ARRCO pour tous et d'un régime AGIRC pour les
cadres. La réforme du régime de base aura en tant que
telle des conséquences sur le montant des retraites ARRCO et
AGIRC, par le mécanisme existant des décotes et surcotes
notamment. De plus, ces deux régimes devraient eux-mêmes
être réformés dans les mois qui viennent.
Une mesure phare : le recul progressif de l'âge d'obtention d'une pension de retraite
Le point 1 de la synthèse de la réforme du gouvernement
dit : "Porter l’âge légal de droit commun à
62 ans en 2018, en l’augmentant chaque année de 4 mois
à partir de la génération 1951, et augmenter
parallèlement de deux ans l’âge d’annulation
de la décote."
En d'autres termes, la mesure porte, d'une part, sur l'âge
minimum (ou âge légal de droit commun) à partir
duquel un salarié pourra liquider sa pension de Vieillesse qui
augmente progressivement de 60 ans à 62 ans, par pas de 4 mois
par an. Voir le
simulateur pour calculer son âge minimum de départ en retraite si la réforme projetée est mise en oeuvre.
La mesure porte, d'autre part, sur le recul de l'âge à
partir duquel un salarié perçoit une pension Vieillesse
au taux plein (ou "âge d'annulation de la décote",
à partir duquel les pensions complémentaires ARRCO et
AGIRC ne sont plus minorées ou majorées en fonction de la
durée effective de cotisation du salarié qui peut avoir
ou pas "ses trimestres"). Cet âge passerait de 65 ans à 67
ans. Comprendre le
système de Décote /Surcote. Comprendre le
calcul de la pension Vieillesse et notamment demander son relevé de situation personnel.
Des taxes sur des dispositifs élitistes de
rémunération exonérés de charges pour
contribuer au financement des retraites par répartition
Les retraites Article 39 seraient encore plus lourdement taxées
Le gouvernement entend agir sur les 3 leviers suivants :
- La contribution additionnelle de 30% à la charge des
empoyeurs serait appliquée sur les rentes quel que soit leur
montant et non plus seulement sur les rentes supérieures
à 8 PASS (soit 276 960€ en 2010), ainsi que l'avait
instaurée la loi de financement de la Sécurité
sociale pour 2010.
- La contribution de 16%
sur les rentes (à la charge de l'employeur) s'appliquerait au
1er euro et non plus à partir d'une rente annuelle de 12
000€ (1/3 du PASS).
- Une contribution de 14% à la charge du bénéficiaire serait créée.
Les bénéficiaires de régime de retraite Article 39
ont intérêt à utiliser les marges de manoeuvre
fiscales et sociales offertes dans les plans
Article 83 ou
PERE, nettement moins taxés et qui sont ouverts aux très hauts salaires depuis la loi Fillon de 2003.
Les futurs plans de stock-options seraient plus lourdement taxés
Sur les gains de levée d'option, la contribution de
l’employeur passerait de 10 à 14 % et celle du
salarié passerait de 2,5 à 8 %.
L'épargne retraite n'est pour l'instant pas abordée dans le projet de réforme
Cependant, à l'instar du timing observé lors de la
réforme Fillon de 2003, le gouvernement pourrait prochainement
rajouter à son projet de loi un chapitre
dédié au développement de l'épargne,
qui pourrait s'inspirer des propositions variées émanant
de divers horizons. Par ailleurs, la règlementation de
l'épargne retraite pourrait être modifiée par les
lois de financement de la sécurité sociale et de
financement pour 2011.
Les propositions de réforme de l'épargne retraite d'entreprise - Point début juillet 2010
Proposition de l'AFG du 1-6-10
Proposition de la FFSA (introuvable sur leur site !)
Proposition des députés UMP et NC
Proposition EFAMA
Nos commentaires :
Proposition de l'AFG du 1-6-10
Lire les proposition de l'AFG du 1-6-10
Proposition n°1 : "une fiscalité cohérente avec la durée de l'épargne"
- alléger les taxes supportées par l'employeur :
supprimer le forfait social de 4 % sur l'abondement au PERCO
et supprimer la taxe de 8.2% sur la part d'abondement au
-delà de 2300€
- alléger les prélèvements sociaux sur les
produits financiers dégagés sur un PERCo
supportées par l'épargnant.
En contrepartie de ces allègements, les débocages
anticipés pourraient être soumis à charges sociales.
Proposition n° 2 : "Prime pour la
Retraite en faveur des jeunes"
Sous l'argument que les jeunes seront les plus pénalisés
par la dégradation des retraites par répartition, l'AFG
propose une aide financière pour les jeunes. L'AFG propose une
prime de 300€ par an maximum. Sur 40 ans, en €
constants, à un taux d'intérêt annuel raisonnable
de 3 %, cela procure un capital de 10245 €, soit une rente
annuelle 488 €, soit 40€ par mois, à partir de 65
ans et jusqu'à son décès, si le jeune a 25 ans en
2010, dans les conditions techniques actuelles de conversion en rente
(précompte des intérêts futurs sur le capital de
rente à 2%). Il faut juste espérer sur cet abondement de
l'Etat incite les jeunes à épargner eux-mêmes pour
constituer une épargne d'un niveau signifiant.
Proposition n°3 : "Elargir les
sources d'alimentation du PERCO"
Idée d'orienter les flux de la participation, de
l'intéressement, des IFC, du CET et des jours de RTT non pris
vers le PERCO.
Idée de verser par défaut une partie de la participation
des salariés sur le PERCO, ce qui augmenterait automatiquement
le taux d'adhésion au PERCO dans les entreprises
équipées, d'une part et ce qui obligerait toutes les
entreprises assujetties à la participation à souscrire un
PERCO. Il s'agit des entreprises de plus de 50 salariés dont la
participation est positive, employant 5 millions de salariés. [A
partir de cette idée a été introduite le 21
juillet par un amendement de députés UMP dans le projet
de loi que la participation serait fléchée par
défaut pour 50% de son montant dans le PERCO que l'employeur
devrait mettre en place si nécessaire. La
même idée proposée pour l'intéressement
a été rejetée par le ministre Woerth.]
L'idée de capter les primes d'IFC paraît
économiquement irréaliste car elle implique que
l'employeur monétise par anticipation une dette
hypothétique (conditionnée par la survie et la
présence du salarié dans l'entreprise).
Concernant le CET, l'idée serait d'augmenter le nombre de jours
transférables vers un PERCO ou PERE (limité à 10
jours par an actuellement).
Proposition n° 4 : "Mieux mobiliser les acteurs et mieux communiquer"
Conditionner la mise en place de plans de retraite élitistes
à celle de plans de retraite pour tous (PERCO, PERE ou article
83).
Ouvrir le bénéfice des PERCO à tous les
mandataires sociaux (aujourd'hui réservés aux mandataires
sociaux des entreprises comptant de 1 à 250 salariés).
Développer l'information sur la retraite par répartition.
Harmoniser la communication entre les entreprises sur les pratiques de
partage du profit.
Proposition n° 5 :
"Améliorer l'accès à l'épargne retraite et
sa portabilité en créant un PERCO individuel"
Créer un produit individuel sur le modèle de PERCO en
reprenant les caractéristiques appréciées par les
salariés : versements libres, déblocage pour
acquérir sa résidence principale, sortie au choix en
rente ou en capital.
L'AFG pointe le PERP comme inadapté aux personnes non imposables
sans expliquer sa position. A priori, le PERCO n'est pas
particulièrement adapté à des personnes
non imposables.
Pour l'AFG, ce produit individuel permettrait de favoriser la
portabilité de l'épargne retraite, alors que les
salariés sont de plus en plus mobiles.
Nous observons que la règlementation permet déjà
aux salariés démissionnaires qui le souhaitent de
continuer à alimenter le PERCO de leur ancien employeur
si le nouvel employeur n'offre pas ce réceptacle. L'idée serait
peut-être de créer ce que nous pouvons d'ores et
déjà observer sur le marché des Article 83 et PERE
: certains salariés (avertis et opiniâtres) après
avoir quitté un employeur ayant alimenté ces dispositifs,
transfèrent systématiquement leurs avoirs sur un PERP,
facilitant le suivi de leur épargne par sa concentration
sur un unique plan qu'ils connaissent bien. Ainsi, l'idée
de créer un PERCO individuel à pour corollaire de
préparer le désengagement de l'employeur de
l'épargne retraite. Cependant, contrairement aux
députés UMP NC qui le demandent pour le PERP, l'AFG ne
propose pas de permettre un versement de l'employeur sur la
version individuelle du PERCO.
Proposition du 30 juin 2010 des députés UMP et NC
Lire le rapport (pages 18 et 19)
Proposition n°10 : "Favoriser la diffusion du PERCO
en permettant sa mise en place par accord national interprofessionnel
(ANI) pour les salariés non couverts par ce type de dispositifs."
L'argument est le suivant (Extrait) : "Le groupe de travail UMP-NC
souhaite encourager le développement de l’épargne
retraite collective, à travers le PERCO, car
l’épargne collective offre de meilleures performances pour
un coût souvent inférieur et des garanties de transparence
également meilleures par rapport à des produits
classiques individuels." La meilleure qualité du PERCO par
rapport à l'épargne individuelle mériterait
d'être justifiée. Pour notre part, si dans les très
grandes entreprises (4 millions de salariés du privé),
nous constatons effectivement que les adhérants au PERCO peuvent
souvent bénéficier d'opportunités de placements
financiers de très bonne qualité, nous n'affirmerions
pas les offres faites aux salariés de toutes les autres
entreprises (12 millions de salariés du
privé), sont meilleures que celles qu'ils peuvent
acheter à titre individuel.
L'idée de négocier un PERCO au niveau national qui serait
disponible pour les salariés n'ayant pas accès à
un PERCO dans leur entreprise doit être
précisée pour en démonter la pertinence. A priori,
nous ne voyons pas ce que inciterait un salarié à
adhérer et verser au PERCO national dès lors qu'il
manquerait à ce dispositif d'entreprise ce qui fait son
principal intérêt dans les entreprises qui l'offrent
: l'abondement de l'employeur. Par ailleurs, la
règlementation permet déjà d'accueillir des
salariés isolés dans les PEI et PERCO de branche dont ils
relèvent. Cette faculté n'aurait jamais été
appliquée.
Proposition n°11 : permettre à l’employeur d’abonder directement le PERP souscrit par son salarié.
Extrait : "Pour les petites entreprises qui ne peuvent pas souscrire de
PERCO, il faut permettre
à l’employeur d’abonder directement
le PERP souscrit par son salarié." Cette proposition
paraît vouloir réinventer les plans Article 82 rendus
obsolètes car non collectifs par les nouvelles
règles d'exonération sociale issues de la loi Fillon
de 2003. Il s'agirait de prévoir le mode d'application et de
contrôle des règles d'exonération fiscale et
sociale dans la pratique de versement de cotisations retraite par
l'employeur sur un compte retraite individuel.
L'idée de permettre aux employeurs d'alimenter un plan de
retraite individuel peut être intéressante pour une
autre raison : cette idée revient à les
décharger de la gestion administrative et financière du
plan de retraite d'entreprise, pour laquelle ils ne sont pas
équipés.
Curieusement, l'argumentaire de cette proposition 11 comporte
l'idée suivante : "Enfin, afin de favoriser
l’épargne retraite, le groupe de travail UMP-NC recommande
d’encourager un transfert progressif de la fiscalité en
faveur de l’épargne courte vers une fiscalité en faveur de l’épargne longue."
Doit-on comprendre que le PEE serait voué à
disparaître au profit du PERCo, du fait de ses trop gros
avantages fiscaux en contrepartie d'un blocage de 5 ans seulement, en outre adouci par son cortège de cas de
déblocages anticipés qui ne remettent pas en cause les
exonérations fiscales ?
Proposition n°9 : favoriser l'utilisation du CET,
présenté comme une solution à la question des
carrières longues et de la pénibilité des
métiers ("dispositif innovant qui pourrait permettre mieux
prendre en compte d’éventuelles situations de pénibilité tout au long de la vie professionnelle").
Pour mémoire, le CET est alimenté librement par les
salariés, avec leurs jours de congé non pris.
Vouloir inciter des salariés dont le métier est
pénible à rogner sur leurs jours de congés qu'ils
récupéreront en partant plus tôt en retraite
n'est pas réaliste. L'espérance de vie de ces personnes
est déjà sensiblement moindres que celle des autres
salariés, ils seraient mal venus de se priver de loisirs pour
travailler plus et rapprocher la date de leur
départ à la retraite !
Proposition EFAMA : Les OCERP, prochains plans d'épargne retraite européens ?
L'
EFAMA, European Fund and Asset Management Association, propose dans un
rapport dédié à l'épargne à long terme
la création de produits d'épargne retraite,
baptisés les OCERP (Officially Certified European Retirement
Plan), respectueux de la fiscalité propre à chaque
pays membre de l'UE, à adhésion par défaut (mais
clause d'opt-out), et aisément portables dans toute l'UE,
au gré des mutations professionnelles des individus. Affaire
à suivre, notamment dans le cadre de la consultation
européenne sur les retraites qui démarre (un Green Paper
en vue).
Intéressement
- Certaines Directions du Travail exigent que
tout indicateur de chiffre d'affaires utilisé dans
un accord d'intéressement soit
déflaté, afin d'extraire l'effet prix dans la
mesure du progrès de ce type d'indicateur. Nous recommandons
aux employeurs de déflater
systématiquement les indicateurs de chiffre d'affaires pour éviter d'éventuelles
requalifications de leur accord.
- Vous pouvez apprécier la position relative de
votre entreprise en matière d'intéressement sur
notre benchmark
intéressement,
- Nos prochaines formations
"Négocier un accord d'intéressement efficace et
motivant" : Programme
et calendrier.
Performance
des plans d'épargne et de retraite
d'entreprise
La qualité de la gestion
financière est cruciale
pour permettre à vos salariés de
préparer efficacement le financement d'un projet
sur un plan que vous leur proposez, qu'il s'agisse
d'épargne salariale ou d'assurance retraite
d'entreprise. Nous organisons une conférence le 6 juillet
2010 sur ce thème et présenterons des fonds
que vous pouvez facilement rajouter dans vos plans existants.
Programme de la conférence du 6 juillet 2010.
PERE
versus Plan article
83
Des voix s'élèvent
pour dénoncer la
complexité du PERP, et par là du PERE qui est sa
version collective, pour expliquer le faible développement
de ces dispositifs. Ainsi, certains
recommandent notamment de supprimer le comité de
surveillance, trop
compliqué à gérer et inutile. Il se
trouve que nous venons
précisément de constater les
bienfaits du comité de surveillance
d'un PERE inter-entreprises : les employeurs
siégeant au comité ont obtenu de l'assureur qu'il
supprime purement et simplement les frais de transfert collectif
à un autre assureur. Supprimer le comité de
surveillance du PERE serait un régression. Nous
apprécierions que cet organe de gouvernance
s'impose dans les plans Article 83 même anciens.
Actionnariat
salarié : soigner l'information financière
Nous présentons lors d'une
conférence le 1er
juillet à Paris, ASpro,
une prestation d'information financière des
salariés actionnaires de sociétés
cotées sur l'évaluation financière
comparée du titre de leur entreprise.
Programme
.
Gouvernance et
participation des salariés
Le Conseil d'Analyse Stratégique vient de publier un rapport
consacré à la gouvernance et à la participation
des salariés. Vous pouvez consulter le
rapport
du Conseil d'Analyse Stratégique.
PERCO
Nous mènerons prochainement pour un commanditaire public une grande
enquête sur le profil socio-économique des
adhérents au Perco. Si vous le souhaitez, vous
pouvez inscrire votre entreprise pour
participer
à l'enquête PERCO.
Equipement des
entreprises en assurance retraite
Voici les
résultats de
l'enquête
CSA pour
le Conseil d'Orientation des Retraites menée en 2010. Ce type de
données est très rarement fourni, la
précédente livraison date de 2004.
Colloque
"Epargne
salariale" au Palais du Luxembourg le 18
mars 2010 : nos commentaires
Ce colloque
dédié au
thème
"Actionnariat
salarié, Participation et Intéressement : quel
avenir ?"
s'est tenu à l'initiative de la
FAS, Fédération des
Actionnaires Salariés et Anciens Salariés et sous
le haut patronage de la
sénatrice Isabelle Debré.
Karente a contribué à cette
journée d'étude en organisant les e-mailings qui
ont permis de réunir plus de 120 participants. Les
consultantes
de Karente Claire
Vaillant et Manuèle Pennera,
présentes au colloque,
commentent ici les exposés et les échanges qui
ont eu lieu. Nous rappelons que les actes du colloque sont en cours de
rédaction par la
FAS et
seront expédiés à tous les
participants et
personnes intéressées.
-
Christian
Poncelet,
sénateur, ancien ministre et
président du Sénat
a ouvert la journée en brossant un tableau historique de la
participation. Il a rappelé la philosophie du
Général de Gaulle : "Entre la
brutalité du
capitalisme et l'aliénation du communisme, il existe une
troisième voie : la Participation" et a
ainsi fourni des
éléments
précieux pour comprendre la situation actuelle.
- Michèle
Monavon,
Présidente de la FAS, étant
retenue par des obligations professionnelles, a, dans sa lettre de
bienvenue, souligné que l'une des
caractéristiques de l'actionnariat salarié est
d'être un actionnariat à part entière,
complémentaire de l'ensemble des actionnaires
institutionnels et de l'ensemble des actionnaires individuels. Elle a
rappelé le comportement des actionnaires
salariés
durant la crise boursière : actionnariat stable,
durable et de référence pour les entreprises, ce
qui en fait une composante précieuse de la
stratégie des
entreprises. Elle a souligné que l'avenir de l'actionnariat
salarié est dépendant non seulement de cette
stratégie mais aussi de l'avenir de la
participation et de l'intéressement dans toutes les
entreprises, depuis les PME jusqu'aux plus grandes
sociétés cotées, et des
évolutions futures de la législation
afférente.
- Vincent
Dutfoy,
Délégué
Général et Président du
Comité Evénementiel de la FAS, a
présenté les activités de la FAS comme
instance de
promotion de l'épargne salariale et de l'actionnariat
salarié et a
rappelé les objectifs de la journée
d'étude : recenser et préparer les voies de
progrès constants de l'épargne salariale.
Maurice
Aumage,
Président du Comité Editions et Publications de
la FAS, consultant, spécialiste en organisation, a
présenté, dans un premier exposé, le
lien indispensable entre
l'organisation de toute entreprise et la participation des
salariés aux décisions. Dans un second
exposé
dédié au développement de la
participation dans
les "BRIC", il a mentionné les réponses
négatives - et donc édifiantes -
aux courriers de demande de
témoignage qu'il a adressé aux Ambassades de ces
pays.
- Jean-Claude
Mothié,
président d'honneur de la FAS et président de la
commission Epargnants à l'AMF, a proposé
notamment de 1/ supprimer la confusion entre l'administrateur
représentant les actionnaires salariés
et l'administrateur salarié représentant
les
salariés, 2/ rassembler dans un texte
synthétique l'ensemble des textes régissant
l'épargne salariale et l'actionnariat salarié,
dont les
20 instructions émises par l'AMF ces dernières
années traitant de l'information des épargnants
salariés, 3/ développer la formation,
l'information et
le conseil aux salariés, confrontés à
une abondance de l'offre de dispositifs
d'épargne salariale. et il a
évoqué l'intégration de
l'épargne salariale
dans la directive MIF, 4/ d'améliorer la
cohérence des textes par une directive au moins au niveau
européen, sans pour autant s'aligner sur le moins disant.
- Sébastien
Roux, du
ministère des Affaires sociales, a
commenté les
statistiques de diffusion de l'épargne salariale dans les
entreprises et expliqué leur mode de production
(statistiques
détaillées des volumes par type de dispositif
dans les
entreprises de plus de 10 salariés et simple
enquête d'existence de
dispositifs dans les entreprises de moins de 10 salariés).
Il a
également souligné l'absence de mesure
de
l'équipement des entreprises en dispositif d'actionnariat
salarié.
- Augustin
de
Romanet,
directeur
général de la Caisse des
Dépôts et
Consignations, a fait un exposé remarqué. Sa
lecture de
quelques pages de "Mémoires d'espoir" de De Gaulle (p999
Edition de la Pléiade) lui a permis
de rappeler la motivation profondément humaniste et sociale
de
l'inventeur de la Participation.
Il
a rappelé son expérience de
rédacteur des
ordonnances Balladur de 1986 portant sur
l'intéressement
dans la Fonction Publique, sujet d'actualité qu'il n'a
cependant
pas développé. S'agissant de l'épargne
salariale,
il a pointé "la vraie inégalité entre
les gens qui
ont accès à l'épargne salariale et les
autres", en
citant l'exemple de la "dactylo" du siège de Total qui en
bénéficie, contrairement au pompiste de la
station-service. Un participant fera remarquer l'effet pervers de la
formule légale de participation assise qui peut donner une
prime
individuelle modeste quand bien même les résultats
sont
colossaux.S'agissant
d'actionnariat salarié,
il a souligné
le non
intérêt du Medef pour cette question et
stigmatisé
"le patron français pas partageur, ni avec les
salariés
ni avec les capital-riskers" ; il a dénoncé les
entreprises
qui viennent solliciter une prise de participation de la CDC
dans
leur capital, alors même qu'elles ne développent
pas
l'actionnariat salarié. Interrogé par un
participant sur
la volonté de la CDC à effectivement conditionner
ses
prises de participation à l'existence d'un plan
d'actionnariat
salarié, il a précisé de pas
être "militant
de la coercition". Pour lui, la question sensible de la valorisation
des titres d'entreprises non cotées en bourse pourrait
trouver
une réponse simple en s'appuyant sur l'actif net. Sur la
question cruciale de la liquidité, il précise que
la CDC
peut être agent de liquidité, sous des conditions
techniques bien maîtrisées. Il explique
le faible
développement de l'actionnariat salarié par
l'exigence de
transparence qu'il requiert invariablement pour exister et la
volatilité des cours de bourse.. Interrogé sur
la protection des salariés épargnants, il a
convenu de la
nécessité d'un conseil personnalisé
tout en
fustigeant l'inclusion de l'épargne salariale dans la MIF
car
bien trop complexe pour être efficace et facilement
appliquée (Mif = directive
Marchés d'Instruments Financiers qui encadre la vente des
produits financiers dans le but de protéger
l'épargnant
financier individuel à l'exclusion de l'épargnant
salarié et de l'actionnaire salarié. Le porteur
d'assurance-vie individuel en Unités de comptes est
désormais protégé par la MIF depuis
les
ordonnances de janvier 2009).
- Stéphane
Huillet
,
représentant la CGPME, a exposé le point de vue
des PME
qui ont besoin d'un paysage simple et stable. Il a insisté
sur
l'importance de la communication et de la formation aux
dirigeants
et aux salariés pour assurer le développement de
l'épargne salariale.
- Viviane Neitter, APAI,
associée gérante d'Oratorio,
et membre de la commission Epargnants à l'AMF,
s'inquiète de la distinction dangereuse entre l'actionnaire
salarié et l'actionnaire individuel. Elle
a déploré le faible niveau de culture
financière des Français et souhaite que les
actionnaires salariés participent à des clubs
d'investissement pour se former. S'agissant de la participation aux
décisions et de la gouvernance, elle prône la mise
en
place du vote par Internet aux assemblées
générales pour les actionnaires
salariés et les
actionnaires individuels.
- Gilbert
Grall,
directeur
financier du Groupe Poclain Hydraulics a présenté
son
entreprise de 1500 salariés, non cotée,
très en
pointe dans son équipement en épargne
salariale (15%
du capital est détenu par 34 % du personnel). Il a
exposé
un projet
de création d'un livret d'épargne salariale
à taux
garanti par Oséo pour les salariés afin
de permettre
le financement du capital de PME non cotées. Nous
nous
interrogeons sur les inévitables effets de seuil
(effectif ou autre) que créerait un tel dispositif, sur la
définition d'une PME et sur le véritable objectif
d'un
tel livret. Nous pensons que l'épargne salariale se diffuse
mal en PME non pas par défaut de solutions de gestion
financière qui sont au contraire nombreuses et somme toute
relativement satisfaisantes, mais du fait de la complexité
des
dispositifs et du caractère trop instable du cadre
règlementaire. S'agissant de produit à rendement
garanti pour les salarié, rappelons que
l'entreprise a
toujours la possibilité d'emprunter les avoirs de ses
salariés moyennant un taux de rendement minimum
fixé par
la loi (au
TMO),
avec le système des comptes courants bloqués, en
perte de vitesse mais à
redécouvrir.
- Marco
Caramelli,
professeur-chercheur à l'INSEEC
Business
School, a
dressé dans un 1er exposé un panorama des
dispositifs
d'épargne retraite d'entreprise aux USA et nous avons
découvert la profusion de dispositifs (pas moins de 6). Nous
avons appris que les plans 401K, très
réputés en
France, sont en fait bien moins importants en nombre
et en encours que les ESOP's peu connus ici. Nous
avons
relevé avec
intérêt la liaison fréquente aux USA
entre un plan
de
retraite d'entreprise et une participation aux décisions
très concrètes et pratiques par les
salariés (a
minima une boîte à idées). Dans un
second
exposé, Marco
a présenté le résultat de 30 ans de
recherche en
actionnariat salarié en France.
- Pascal
Trideau,
directeur
général de la Confédération
générale des SCOP a
présenté le
modèle original de création de valeur par la
coopérative, utilisé par plus de 2000 SCOP
employant 40 000 salariés. Nous avons relevé
ainsi
que les SCOP sont pour 90% d'entre elles des entreprises de
moins de 10 salariés, mais que 98 % d'entre elles
utilisent
le dispositif de participation légale pour
partager leurs
résultats avec leurs salariés.
- Marie-Noelle
Auberger,
vice-présidente de APL-SAGL,
a attiré l'attention de
l'auditoire sur la société à
gestion partagée et ses qualités peu
connues.
- Manuèle Pennera,
consultante
associée
gérante de Karente
a proposé 3 points de modernisation de l'épargne
salariale : 1/ Supprimer le caractère obligatoire de la
participation légale, 2/ Sensibiliser les employeurs
à leur
rôle de surveillance de la gestion financière des
avoirs
de leurs salariés [voir à cet égard
sur Natixis-Interépargne
l'avantage n°6], 3/ Simplifier les dispositifs aujourd'hui
trop
touffus et se canibalisant (notamment le PEE et le
PERCO). Voir la
présentation projetée lors du colloque.
- Paul Maillard,
président
d'honneur de Fondact,
qui a contribué à l'élaboration des
nombreuses lois modifiant l'épargne salariale depuis 30 ans,
a
exposé brièvement ses vues sur
l'épargne salariale
aujourd'hui. il a notamment pointé la tendance
fâcheuse
à utiliser l'épargne salariale
comme instrument
d'optimisation des rémunérations et
d'épargne
retraite. En conséquence, il ne s'étonne pas
de la
création du forfait social.
Enfin,
pour clôturer la journée,
Isabelle
Debré,
sénatrice des Hauts-de-Seine, rapporteur de la loi du
31-12-2006
modifiant l'épargne salariale, et membre du Conseil
d'orientation de la participation, de l'intéressement, de
l'épargne salariale et de l'actionnariat salarié
(
COPIESAS)
(ex-Conseil Supérieur de la Participation), a
exposé sa vision de ces dispositifs, en appelant de ses
voeux
une simplification, qui pourrait passer par la fusion de
l'intéressement
collectif et de la participation aux résultats. Elle a
indiqué qu'un
texte pourrait voir le jour d'ici quelques mois. En
prévision de
ces travaux parlementaires, elle a écouté
attentivement
les questions et commentaires des participants :
- Un projet de fonds d'actionnariat
salarié
assorti d'un rendement garanti pour les salariés
et à volatilité limitée par
la
mutualisation du risque Ouvrir la possibilité
d'investir ses
avoirs en actions de son entreprise dans le Perco,
- Dans
l'éventualité d'une
fusion
Participation-Intéressement, veiller à
préserver les qualités de flexibilité
et de proximité de l'intéressement qui en fait un
outil précieux de motivation,
- Le projet du livret
d'épargne
salariale
porté par Gilbert Grall (cf. supra),
- Les
difficultés de calcul de la
participation
légale dans un groupe comptant de nombreuses filiales,
- Une remarque sur
l'inadaptation de l'expression
"Epargne
salariale" puisque désormais les dirigeants non
salariés
d'entreprise de moins de 250 salariés ont accès
à
tous les dispositifs d'épargne salariale,
Isabelle
Debré a rappelé sa
préférence pour des dispositifs non coercitifs.
Pour
autant, interrogée sur l'idée de mettre fin au
caractère obligatoire de la participation légale
aux
résultats, elle a répondu que cette
idée lui paraissait inenvisageable.
Isabelle Debré invite les participants à
lui envoyer toute
idée de modernisation de l'épargne salariale, en
direct ou via la
FAS.