Une meilleure information aux détenteurs d'opcvm d'épargne salariale et de retraite d'entreprise
Les gestionnaires d'OPCVM doivent
produire un nouveau document standardisé de reporting
appelé
le DICI (Document d'information clé pour
l'investisseur) au plus tard le
1er juillet 2012pour
les fonds existants avant la transposition de la directive
européenne. Tous les nouveaux fonds créés depuis
doivent obligatoirement comporter ce DICI. Ainsi, les épargnants
au titre de contrats d'assurance retraite à cotisations
définies (article 83, PERE) vont bientôt tous
bénéficier du DICI.
Un délai supplémentaire est accordé aux
FCPE utilisés en épargne salariale existant avant la directive européenne : ils ont jusqu'au
1er juillet 2013
pour produire ce DICI. Notons qu'il n'y aucune obligation faite aux
employeurs ou aux promoteurs d'épargne salariale de diffuser ce
DICI. Pour autant, certains acteurs du marché (par exemple
AMUNDI, pour une partie de leur gamme de FCPE) ont anticipé sur
cette réglementation et proposent déjà à
leurs épargnants un tel document.
Que se passe-t-il lorsqu'un OPCVM n'est pas passé au DICI dans
les délais requis ? Il se plasserait alors en situation
irrégulière, ne pourrait plus être
commercialisé et pourrait faire l'objet d'un retrait
administatif de son agrément par l'AMF. Nous considérons
que l'employeur ne peut être mis en cause directement. En
revanche, il encourt un risque de réputation.
Plus d'infos : le
guide publié par l'AMF en septembre 2011.
Par une ordonnance du 1er août 2011, la France a transposé dans ses
lois une directive européenne du 13 juillet 2009 visant à :
- moderniser le cadre juridique français en matière de gestion d'actifs,
- améliorer la lisibilité de ce cadre de façon à
- renforcer la protection des investisseurs et des épargnants et à,
- renforcer la compétitivité des produits et des acteurs.
L'épargne salariale,
l'actionnariat salarié et
l'assurance retraite sont évidemment impactés par ce
texte. Les épargnants salariés vont ainsi
recevoir désormais un "Document d'information clé pour
l'investisseur", le DICI (ou KIID en anglais, Key Investment
Information Document ), "comprenant les
informations appropriées sur les caractéristiques
essentielles de l'opcvm dans un langage clair, bref et non technique."
Ce document permettra une meilleure comparabilité des OPCVM. En
pratique par exemple, les échelles de risque des opcvm seront
normées (norme européenne). Une information importante,
voire ahurissante : le DICI n'est pas un document agréé
par l'AMF.
NB : le DICI
est limité aux OPCVM et ne concerne pas fonds d'assurance
à taux garanti. Les épargants
pourront déplorer qu'aucune information normée et
publique ne soit prévue pour des fonds sur lesquels
est pourtant investie la majeure partie de l'épargne
retraite d'entreprise.
L'ordonnance modifie différents articles du code
monétaire et financier ou les remplace en totalité,
faisant de ce texte un document très long et malaisé
à exploiter (il s'agira de comparer mot à mot pour
déceler les nouveautés dans la rédaction des
articles). Cf. le
rapport et le
texte de l'ordonnance lui-même.
La Cour des Comptes dénonce les aides publiques à
l'épargne retraite, cependant, son propos doit être
nuancé
Dans son rapport 2011, la Cour des Comptes observe que "La
diffusion des produits d'épargne retraite est très
inégale selon les catégories socio-professionnelles" et
préconise de réorienter les aides à
l'épargne-retraite "vers les catégories pour lesquelles
elles constituent un réel enjeu, c'est-à-dire les
ménages qui ne sont pas en mesure, sans incitation,
d'épargner pour leur retraite et qui, sans cette épargne,
ne disposeront pas, lors de leur retraite, de ressources suffisantes".
S'agissant d'épargne retraite d'entreprise, nous remarquons
que le propos de la Cour des Comptes demande à être
nuancé. En effet, l'épargne retraite à sortie
en rente viagère (article 83 et PERE) n'est pas à
proprement parler une niche fiscale puisque la rente obtenue est
soumise à l'impôt sur le revenu. La questionne se
pose pas pour le PERCO, celui-ci ne bénéficie en
effet pas d'avantage fiscal à l'entrée. Quant aux
exonérations de charges sur les cotisations patronales
aux article 83 ou PERE ou sur l'abondement de l'employeur, elles
sont plafonnées à un niveau relativement bas (5 % du
salaire, pour résumer), alors que les pensions restent
assujetties à certaines charges sociales et à la csg/crds.
Prime liée aux dividendes : une nouvelle niche sociale est créée
Le 21 juin 2011, les députés ont adopté en
1ère lecture le projet de loi de financement rectificative de la
Sécurité sociale pour 2011 - la "
petite loi", dont l'article 1 porte sur la prime contre dividende. Cf. le projet de loi
du gouvernement ci-dessous, à peine modifié. Le dispositif de primes
exonérées de charges sociales serait
institué de façon permanente.
- Mais que font les
chasseurs de niches sociales ? Yves Bur, l'inventeur du forfait social,
a trouvé là en fait une nouvelle assiette pour sa taxe
magique. Très fort.
- Où sont passés les
pourfendeurs de la complexité des dispositifs
d'intéressement, de participation et d'abondement qui
permettent eux aussi de distribuer des primes en exonération
de charges ? On apprend dans cette loi que "Le présent article s’applique jusqu’à l’intervention d’une loi suivant les
résultats d’une négociation nationale interprofessionnelle sur le partage de la
valeur qui pourra notamment proposer des adaptations législatives dans le champ
de la participation et de l’intéressement prévus aux titres Ier et II
du livre III de la troisième partie du code du travail." Encore une nouvelle loi de réforme de l'épargne salariale à l'horizon. Au secours.
- Que font les défenseurs des salariés
des petites entreprises, qui vont voir passer ces primes destinées à leurs
camarades des grandes entreprises, sans en profiter eux-mêmes
? Le fossé des rémunérations entre eux se creuse de façon alarmante.
Cette loi est vaiment une très mauvaise initiative. Lire les
avis des députés exposés préalablement au vote (C'est le point n°5, il est édifiant).
La genèse
: Un débat surréaliste avait enflé
mi-avril suite aux
propos du gouvernement d'obliger les employeurs à distribuer
une
prime (1000€ évoqué) aux
salariés
lorsque des dividendes sont versés aux
actionnaires. Lire les
propos pondérés mais très
fermes en avril 2011 de
Jean-Christophe Sciberras, le nouveau président de
l'ANDRH dans l'Usine Nouvelle.
Le 25 mai 2011, le gouvernement a adopté un
projet
de loi,
selon lequel
les entreprises qui distribuent des dividendes en progrès
par rapport à la moyenne des deux exercices
précédents et comptent plus de 50
salariés, doivent négocier le versement d'une
prime dans les 3 mois suivant l'assemblée
générale
qui a voté le dividende. La prime sera
exonérée de charges sociales dans la limite de
1200€ par an et par personne. La négociation de
cette prime
devrai être engagée sous peine des mêmes
sanctions
que celles prévalant pour les négociations
annuelles
obligatoires.
- Cependant, dans son article 1-v, le projet de loi pose que
les entreprises qui ont "attribué au
titre de
l'année en cours au bénéfice de
l'ensemble de
leurs salariés, par accord d'entreprise, un avantage
pécuniaire non obligatoire en vertu des règles
légales ou conventionnelles alloué en tout ou en
partie
en contrepartie de l'augmentation des dividendes" ne sont pas
obligées de négocier la prime objet du projet de
loi. Les
attributions gratuites d'actions pour tous et les
suppléments de
participation ou d'intéressement sont tout
spécialement
visés, mais d'autres avantages accordés peuvent
être consédérés comme des
avantages
pécuniaires, comme les abondements aux PEE ou PERCO, ou les
cotisations patronales aux plans Article 83 ou PERE, des
chèques vacances ou des CESU
préfinancés, ces deux
derniers éléments échappant au forfait
social de
6%, contrairement aux autres éléments.
Il n'est pas mentionné dans ce projet de loi que la
prime serait
exonérée d'impôt si elle est
versée à un plan d'épargne salariale,
ainsi que cela avait été
évoqué.
Lire la promotion par le gouvernement du dispositif,
rebaptisé "Partage de la valeur", dispositif qui fait
partie des 7 mesures en faveur du
pouvoir d'achat.
Il semblerait que peu d'entreprises soient concernées. Il
s'agirait principalement des très grandes entreprises du CAC
40, très fortement mondialisées, qui ont
profité de la reprise de la croissance ailleurs qu'en France
et ont augmenté leurs dividendes. La réaction
des représentants de ces très grandes
enterprises est très intéressante et assez
logique : s'il faut intéresser les salariés
français à la croissance des dividendes,
autant les inciter à devenir actionnaires. Du
reste, les grandes entreprises françaises ont
déjà très largement
développé l'actionnariat salarié. Voir
l'
opinion
de Xavier Fontanet,
le pdg d'Essilor, dans un
article des Echos du 18/5/11 où il prône les
vertus de 'actionnariat
salarié pour tous. Maurice Lévy,
ancien patron de Publicis et président
de l'AFEP (association française des entreprises
privées, rassemblant
les grandes entreprises du CAC 40) enfonce le clou sur la
liaison prime et actionnariat
salarié. Lire son interview dans Les Echos du
25/5/2011.
Accord d'intéressement sur un an au lieu de trois
dans les PME de moins de 50 salariés : c'est adopté en 1ere lecture à l'AN
L'amendement du député
au projet
de loi Prime contre Dividende visant à permettre aux PME de
conclure des accords d'intéressement sur 1 an au lieu de 3
ans a été adopté dans la "petite loi" :
"Jusqu’au 31 décembre 2014, les entreprises employant
habituellement moins de cinquante salariés peuvent conclure un
accord d’intéressement pour une durée d’un
an."
L'argument invoqué : les PME ont une
visibilité insuffisante sur l'évolution de leur
activité qui les empêche de conclure des accords
d'intéressement. Pour notre part, nous
considérons que
cette mesure ne fera que rajouter une complexité inutile.
En
effet, toute entreprise peut conclure un accord
d'intéressement
sur 3 ans mais réviser par avenant son accord chaque
année. Toute entreprise peut également poser une
condition de résultat pour déclencher
l'intéressement. Cet amendement est parfaitement inutile,
voire
dangereux puisqu'il vise à manipuler
l'intéressement en
fonction de l'activité, ce qui par là fragilise
le
dispositif et renforce les arguments des partisans d'une taxation
accrue au forfait social (déjà 6 % !).
Préparer les
Conseils de surveillance des FCPE
La saison des conseils de surveillance des FCPE approche. Les FCPE ? Ce
sont ces fonds sur lesquels les salariés peuvent placer leur
épargne salariale. Ils fonctionnement avec un conseil de
surveillance paritaire, comprenant des représentants des
salariés épargnants et de la direction de
l'entreprise.
Ce conseil partaire a pour mission de surveiller la gestion
financière et administrative effectuée par
l'organisme
gestionnaire des FCPE. N'oubliez pas d'exercer cette surveillance ! Au
fait, avez-vous désigné (voire mieux :
élu) des
membres aux conseils de surveillance des différents FCPE
offerts
aux salariés de votre entreprise ? Les membres de conseils
de
surveillance ont-ils bénéficié de la
formation ad
hoc prévue par le Code Monétaire et
Financier ? Non
? vous pouvez nous contacter : 01-4766-8772 ou par mel.
Crédit d'impôt sur
l'intéressement
augmenté à 30% mais réservé
aux entreprises
de moins de 50 salariés
La loi de finances pour
2011 aménage le crédit
d’impôt imputable sur l’impôt
sur les
bénéfices dû par les entreprises qui
concluent des
accords d’intéressement ou des avenants
à des
accords d’intéressement. Le crédit
d'impôt
est désormais réservé aux PME de moins
de 50
salariés et le taux du crédit d'impôt
est
relevé de 20% à 30% à compter des
exercices
ouverts au 1/1/2011. L'administration mène une consultation
publique jusqu'au 18 avril 2011 sur un
projet d'instruction fiscale
de 11 pages pour la définition de l'assiette de
l'intéressement, le mode de calcul du seuil d'effectif et la
prise en compte des salariés en CDI, les
conséquences
d'une restructuration de l'entrepris. Avis aux amateurs.....
Bientôt la fin des tarif des rentes
viagères
sexués ? Un surcoût en vue des rentes des hommes
si les
assureurs appliquent la table de survie des femmes, comme ils
l'ont fait jusqu'en 2007.
La Cour de Justice
Européenne vient de rendre son verdict :
les
tarifs d'assurance basés sur le sexe des assurés
sont
discriminatoires. Les assureurs devront adapter leurs tarifs d'ici fin
2012. La FFSA dans son
commentaire FFSA,
épingle cette mesure comme défavorable pour les
femmes en
matière d'assurance auto, puisqu'elles ont moins d'accidents
et
coûtent moins aux assureurs. S'agissant des rentes
viagères, les assureurs avaient toujours utilisé
les
tables de survie des femmes pour calculer les rentes. La raison
invoquée : la "prudence", la table de vie des
femmes leur
permettant de vendre les rentes plus chères aux rentiers
mâles, l'espérance de vie des femmes
étant
sensiblement plus élevée que celles des hommes.
Pourtant,
en 2007 des tables sexuées TH05 et TF05 ont
été introduites, qui ont permis - pour les hommes
-
d'absorber le sur-coût des rentes dû à
l'augmentation de la durée de la vie pour tous. Si,
à fin
2012, les rentes sont à nouveau calculées avec
des tables
Femmes, c'est une mauvaise nouvelle pour les retraites par
capitalisation, déjà
pénalisées par la
baisse du taux d'intérêt technique
précomptable
dans le calcul (tombé à 1.75% au 1/1/2011).
La commission Epargne salariale de l'AMF propose
d'étendre
l'utilisation des comptes courants bloqués à
l'intéressement : bonne idée !
Le rapport de la
commission Epargne salariale recèle une
pépite : permettre d'investir les primes
d'intéressement en comptes courants
bloqués.
Rappelons qu'aujourd'hui, seules les primes de participation
peuvent être "prêtées" par le
salarié
à l'employeur moyennant un taux de rendement minimum. La
commission de l'AMF propose que les primes d'intéressement
puissent elles aussi être investies en comptes courants
bloqués. C'est à notre avis une excellente
idée.
Voici le § du
rapport AMF consacré
à ce point (page 14) :
"Le deuxième
mécanisme, inspiré de ce
qui existe
en matière de participation, est le placement
d’une partie
de l’intéressement en comptes courants
bloqués pour
une période de 5 ans dans l’entreprise. Cette
formule
présente, en effet, plusieurs avantages :
1. Pour les salariés, les sommes ainsi placées
forment
une créance sur l’entreprise. Elles constituent,
de ce
fait, tout en restant risqué, un placement moins volatile
que
l’investissement en actions de l’entreprise,
même
s’il peut s’avérer moins liquide que
certaines
actions d’entreprises cotées. En outre, ce
placement en
compte courant bénéficie d’une
rémunération intéressante puisque la
loi
prévoit un intérêt au moins
égal au taux de
rendement moyen des obligations émises par les
sociétés privées, taux qui
s’élevait
à 3,59 % au premier semestre 2010. En revanche le compte
courant
bloqué présente un risque en cas de faillite ou
de
difficulté de trésorerie de
l’entreprise. Pour
sécuriser davantage ce dispositif pour les
salariés, il
serait souhaitable que les sommes ainsi investies dans
l’entreprise bénéficient du
privilège
attaché aux salaires et/ou d’une garantie
d’un
établissement financier public tel qu’OSEO.
2. Les sommes ainsi placées en compte courant
bloqué
resteraient pendant cinq ans dans les caisses de l’entreprise
(sauf cas de déblocage correspondant à des
situations de
nécessité). Elles contribueraient ainsi au
financement de
la trésorerie de l’entreprise, à un
coût plus
avantageux que celui des prêts ou découverts
bancaires et
même que celui que cette catégorie
d’entreprises
pourrait obtenir en empruntant individuellement sur le
marché.
Aujourd’hui, seules les sommes provenant de la participation
peuvent être placées en compte courant
bloqué dans
l’entreprise pour rendre le dispositif
d’épargne salariale plus attractif pour les
entreprises de
taille intermédiaire, la majorité des membres du
groupe
de travail propose d’étendre cette
possibilité aux
sommes provenant de l’intéressement. Le compte
courant
bloqué figurerait ainsi parmi les placements possibles de
l’épargne salariale, qu’elle que soit
son origine,
à côté des FCPE inclus dans les plans
d’épargne et PERCO interentreprises."
La commission Epargne salariale de l'AMF propose de faire du
livret
d'épargne salariale un outil d'aide à la
décision
pour les salariés : intention louable, mais ....
L'intention est louable de synthétiser dans un unique
document
l'ensemble des dispositifs en place. Nos questions/remarques :
- Qui paiera la conception/édition du livret
d'épargne salariale ?
- Il faut étendre ce livret aux
éventuels plans
d'épargne retraite d'entreprise Article 83 ou
d'épargne temps CET dont bénéficie le
salarié a sa place aux côtés du PEE et
du PERCO
puisque ces plans sont désormais liés par
différentes paserelles et partagent des enveloppes fiscales
et
sociales depuis la loi Fillon de 2003. Du reste, un tel document est
déjà proposé par certaines entreprises
avec ce
document appelé le Bilan Social Individuel. Le
BSI va plus
loin qu'un simple recensement des dispositifs en place : il fournit le
détail des avoirs du salarié dans chaque
dispositif. Un
BSI est un outil coûteux que seules les entreprises
florissantes
proposent à leurs salariés.
Voir page 4 du
rapport AMF
La commission Epargne salariale de l'AMF soulève
la
délicate question du conseil en investissement financier aux
épargnants salariés ... et y apporte des
réponses
décevantes
La commission Epargne
salariale de l'AMF remarque que les
salariés épargnants peuvent souhaiter
bénéficier d'un service de conseil en
investissement
"à l'image de celui introduit par la MIF dans le domaine de
la distribution de produits financiers".
Par cette formulation, le groupe de travail paraît
acter que
l'épargne salariale n'est pas un produit financier et par
là, le groupe de travail ne s'étonne donc pas que
l'épargne salariale échappe à la
règlementation qui oblige la
délivrance
par le vendeur d'un conseil en investissement financier
préalable à la vente du produit financier. Cette
posture
est dommageable pour la protection des épargnants
salariés.
L'épargne salariale
est-elle un produit financier ?
Le Code du Travail lui-même définit les
plans
d'épargne salariale comme un portefeuille de valeurs
mobilières : l'épargne salariale est donc un
produit
financier. De ce fait, l'épargne salariale devrait
être vendue après délivrance d'un
conseil en
investissement financier, par un vendeur dûment
habilité
... par l'AMF justement ! La question difficile est celle de la vente
: qui vend le produit financier Epargne salariale au
salarié ? Est-ce l'employeur ? Non, car l'employeur devrait
être alors doté du permis de vendre des produits
financiers, ce qui n'est jamais le cas et qui ne doit pas le devenir.
Il y a pourtant adhésion du salarié au plan, en
utilisant
les bordereaux d'adhésion marqués du logo du
teneur de
compte conservateur. Si l'on accepte que l'adhésion
à un
produit financier est un achat, il y a donc un vendeur, qui est le
teneur de compte conservateur. C'est vraisemblablement
au moment
de l'adhésion que tous les salariés devraient
bénéficier d'un conseil en
investissement financier.
Pour nous, l'épargne salariale est aujourd'hui dans
l'illégalité, du point de vue de la protection de
l'épargnant salarié. Cf
rapport AMF p 9.
L'épargne salariale pour financer l'industrie :
l'idée ressurgit
Nicolas Sarkozy
a annoncé à
Saint-Nazaire le 25/1/11
diverses mesures d'orientation de l'épargne
financière
vers l'économie et vers l'industrie en particulier. L'une de
ces
mesures consiste à utiliser l'épargne salariale.
Des
fonds communs de placement investis en titres de
sociétés
industrielles seraient créés et seraient
obligatoirement proposés aux salariés dans les
plans
d'épargne salariale (comme le sont les fonds solidaires).
Nous
attendons les détails pratiques avant de réagir.
Compte
tenu de la complexité des problèmes à
résoudre pour proposer à des salariés
des fonds en
titres non cotés dans le cadre de l'épargne
salariale,
nous pensons que ce dossier serpent-de-mer pourrait encore une
nouvelle fois être enterré. Raison de plus pour
avancer
pas à pas dans le concret, d'autant que les
problèmes de
financement des PME vont être encore plus criants en 2011, si
l'on en croit l'édifiant article du magasine L'Entreprise
"Crédits aux PME : cinq
tendances pour 2011...et après ?".
L'épargne salariale pour financer
l'industrie :
l'idée est passée définitivement
à la
trappe ?
En juillet dernier, le landernau de l'épargne salariale
s'était ému du projet gouvernemental de recourir
à
l'épargne salariale pour financer l'industrie.
L'idée
consistait à créer deux FCPE d'actionnariat
salarié, l'un en valeurs cotées et l'autre en
valeurs non
cotées, et d'obliger une partie des flux (et du stock !)
d'épargne salariale à se porter sur
ces fonds. Cf.
notre
info de juillet 2010,
avec la video
de la conférence donnée par les ministres
Christine
Lagarde et Christian Estrosi. Nous avions émis des
doutes
sur la réalisation des espoirs de réallocation
des actifs
d'épargne salariale vers ces fonds d'actionnariat de PME.
Pour
autant, la question du financement de l'industrie reste
entière,
l'appétit des PME pour les solutions de financement offertes
par
l'actionnariat salarié est important et la
nécessité de proposer des solutions pratiques
adaptées aux PME est évidente. Qu'est devenu ce
projet
? Pas de nouvelles au 7/12/2010, dommage !

Le film "Moi, la finance et le développement durable"
Sur un ton ironique et amusant, la réalisatrice
Jocelyne
Lemaire
Darnaud enquête auprès d'une vingtaine d'experts
banquiers, financiers, associatifs, chercheur, agences de
notation extra-financière, membres du Comité
intersyndical de l'épargne salariale pour comprendre les
relations complexes entre la finance et le développement
durable. La gestion ISR (Investissement Socialement Responsable), si
prisée depuis quelques années, ne serait pas
toujours la
panacée et tout investisseur a intérêt
à
choisir ses placements en connaissance de cause. Le film permet des
prolongements vers le domaine de l'épargne
d'entreprise. En
effet, en épargne d'entreprise, les salariés sont
tributaires de l'entreprise (employeurs + organisations
représentatives du personnel). L'entreprise est responsable
de
la sélection des fonds et choisit souvent une
gestion ISR
(par confort ? par effet de mode ? par conviction ?). En tout
état de cause, la question des choix de gestions
financières devient plus cruciale à mesure que
l'injonction à développer une épargne
retraite
dans le cadre de l'entreprise se fait pressante. Voir l'interview de
deux témoins du film dans l'article du Monde Argent du 16
octobre 2010.
Nous organisons une projection privée du film jeudi
21
octobre à
20h au cinéma La Clef, Paris 5e, à l'attention de
décideurs d'entreprises concernés par
l'épargne
salariale et les retraites d'entreprise. La projection du film sera
suivie d'un débat entre les participants
et Pierre-Yves Chanu pour le CIES (Comité
Intersyndical de l'Epargne Salariale), qui témoigne dans le
film), Soisic Rivoalan et Juliette Renaud pour
les
Amis de la Terre, Silvestre Tandeau de Marsac pour le cabinet
d'avocats FTMS-A et Michel Lemonnier pour Groupama Asset Management
(qui témoigne aussi dans le film). Pour recevoir une
invitation,
contactez-nous.
Quelques critiques éclectiques du film :
Télérama,
Le Figaro/Evene,
Les Echos,
Facebook,
Le Monde, Le Canard
Enchaîné (pas en ligne).
Exercer les droits de vote des salariés
actionnaires dans les entreprises européennes
Une conférence sur ce sujet s'est tenue à Rome
les 16 et
17 septembre 2010, organisé par Dircredito. Plus d'info :
www.employeeshare.eu Une directive
européenne sur les droits des actionnaires a
été votée en 2007. De nombreux pays,
dont la
France, ne l'ont toujours pas transposée en droit
local. Affaire à suivre.
Epargne
salariale et Financement de l'industrie
Video de la conférence de presse
des ministres Christine Lagarde et Christian Estrosi du 8/7/10
à
propos de la Conférence Nationale de l'Industrie. Une
prochaine
loi "sur les nouvelles régulations financières"
débattue à partir de septembre prochain
créerait
deux 2 fcpe en valeurs industrielles, l'un en valeurs cotées
et
l'autre en valeurs non cotées. Des mesures coercitives
seraient
prises pour diriger le stock d'épargne salariale (80
milliards€) et les flux (2 milliards €) vers ces
fonds.
L'idée d'un livret d'Epargne Développement
Industrie
serait examinée dans un 2e temps.
(écouter l'exposé initial de Mme
Lagarde, puis
à la minute 22:34 en réponse à un
journaliste).
Notre commentaire : le stock de 80 MM€ est aujourd'hui investi
à moitié en actionnariat salarié
(coté ou
non coté), un autre quart est investi en
monétaire, le
quart restant est investi en fcpe diversifiés. Ce stock est
détenu par un très grand nombre de
salariés ( 8
à 10 millions selon les comptages). Il est ainsi impossible
matériellement de bouger rapidement ce stock vers de
nouveaux
produits, même s'ils présentent des
caractéristiques exceptionnelles (taux garanti
élevés, perspectives de rendement
élevés ou
crédit d'impôt sur le transfert ?!).
Dépôt des accords d'épargne
salariale : changement d'adresses
En raison de la réforme territoriale en cours, les
accords
d'intéressement, participation, PEE et PERCO qui
étaient
jusqu'à présent déposés
à la
Direction Départementale de l'Emploi, de la Formation
Professionnelle doivent désormais être
déposés à la DIRECCTE (Directions
Régionales des Entreprises, de la Concurrence de la
Consommation, du Travail et de l'Emploi, entités qui
regroupent
notamment les directions régionales et
départementales du
travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP et
DDTEFP).
Adresses des DIRECCTE.
Avantages
fiscaux au financement
des PME contre Association des salariés à leur
croissance
: des propositions de l'AFG
L'AFG a publié le 28 juin 2010 des propositions
visant à adapter le dispositif de
réduction d'impôt à échoir
fin 2010, dont
bénéficient les souscripteurs de FIP (fonds
d'investissment de proximité) et de FCPI (fonds commun de
placement dans l'innovation), deux dispositifs permettant le
financement de PME. Nous relevons deux idées de
l'AFG qui nous paraissent fondées pour
garantir
l’utilité économique du cadeau fiscal :
- Conditionner l'octroi des réductions
d'impôt
uniquement au financement de PME qui emploient un nombre
minimum
de salariés, "afin d’éviter que les
financements ne
soient dirigés vers des « coquilles »",
ce qui
sous-entend que cette situation se produit....
- Conditionner l'octroi des réduction
d'impôt
uniquement au financement de PME qui associent l'ensemble de
leurs
salariés à la croissance de l'entreprise, via des
accords
d'intéressement ou de participation.
Proposition à suivre, notamment dans le cadre de la
réforme de l'épargne retraite,
intéressement et
participation étant en effet deux puissants flux
d'alimentation
des PERCO.
Procès Kerviel : quelle indemnisation des
actionnaires salariés
La fin du procès Kerviel est l'occasion de revenir sur le
sort
des actionnaires salariés de la
Société
Générale qui affirmaient, par la voix de l'avocat
de cinq
d'entre eux lors du procès en juin 2010, avoir perdu 65 % de
leurs avoirs à cause de l'affaire Kerviel. L'argumentaire de
l'avocat, cité par La Tribune : "Ils [les
actionnaires
salariés] ont constaté fin 2008 que 65% de cette
épargne avait été détruite.
Catastrophe,
surtout pour les retraités, qui comptaient dessus pour
compléter leur pension. Ce fonds contenait 70%
d’actions
SocGen. Il faut comprendre qu’un fonds
d’épargne salariale n’est pas un fonds
spéculatif, il doit être
géré de
façon prudentielle." L'argumentaire est surprenant : comment
un
fonds composé à 70 % d'un seul titre
coté pourrait
être géré de façon
prudentielle ? c'est
impossible. La question est plutôt de vérifier si
les
salariés étaient informés du niveau de
risque
très élevé de leur
épargne. En tout
état de cause, il serait intéressant de savoir
comment
cette conséquence de l'affaire Kerviel a
été
traité in fine. Au printemps 2008, des
suppléments
d'intéressement ou de participation avaient
été
octroyés aux salariés pour compenser leurs pertes
en
bourse, avec exonérations de charges sociales
financées
par l'ensemble des Français. Affaire à suivre.
Réforme
des retraites
Suivre le débat parlementaire au
Sénat
Suivre la réforme :
www.retraites2010.fr
Principales nouveautés en épargne
d'entreprise
incluses dans la loi votée le 10 novembre 2010 :
- Fléchage de 50% de la participation vers un
PERCO s'il
existe.
- Possibilité ouverte aux salariés de
verser des
sommes sur le plan article 83 de l'entreprise en déduction
fiscale, dans la limite de l'enveloppe Fillon de 10% du
revenu
d'activité professionnelle. Cette mesure revient
à saper le PERE qui se confond avec un plan article
83.
- Possibilité de verser 5 jours de
congés non pris
dans un PERCO ou un plan Article 83 ou un PERE.
- Si plan article 39 en place et non fermé
à de
nouvelles personnes, l'entreprise doit offrir un PERCO ou un Plan
article 83 pour tous les salariés,
- Obligation d'offrir une gestion financière
désensibilisée dans un PERCO à
l'approche de la retraite,
- Obligation pour le gestionnaire du régime de
fournir une
estimation de la rente future et de préciser les conditions
techniques et financières de transfert de
l'épargne
individuelle à un autre gestionnaire.
Principales nouveautés en épargne
d'entreprise
incluses dans le projet de loi en discussion. Point au 7
octobre
10 :
- Fléchage de 50% de la participation vers un
PERCO s'il
existe. Le fléchage de 25% de l'intéressement sur
le
Perco est proposé par la commission des finances.
- Possibilité ouverte aux salariés de
verser des
sommes sur le plan article 83 de l'entreprise en déduction
fiscale, dans la limite de l'enveloppe Fillon de 10% du
revenu
d'activité professionnelle. Cette mesure revient
à saper le PERE qui va se fondre dans le plan
article 83.
- Possibilité de verser 5 jours de
congés non pris
dans un PERCO, (peut-être aussi sur un PERE, un plan Article
83ou
un PERP, selon la proposition de la commission des finances)
- Possibilité de transférer 20 jours de
congés
épargnés dans un CET vers le PERCO, en
exonération
de charges urssaf et cotisations allocations familiales.
- Si plan article 39 en place et non fermé
à de
nouvelles personnes, l'entreprise doit offrir un perco, un pere, un
article 83 pour tous les salariés,
- Obligation d'offrir une gestion financière
désensibilisée dans un perco à
l'approche de la retraite,
- Obligation de négocier des accords PERCO, PERE
et article 83 de branche d'ici 2013
- Obligation pour le gestionnaire du régime de
fournir une
estimation de la rente future et de préciser les conditions
techniques et financières de transfert de
l'épargne
individuelle à un autre gestionnaire.
Epargne retraite : qui arbore le plus gros chiffre ?
Au Sénat,
en marge de la discussion de la loi de réforme des
retraites par
répartition, le débat sur
l'amélioration des produits d'épargne
retraite se poursuit. C'est l'occasion pour les promoteurs
d'épargne
salariale et d'assurance retraite de mettre en avant les encours
déjà
engrangés.Voici les chiffres publiés par la DREES
:
- Plans article
83 et PERE : les
encours au 31/12/2008 étaient de 42 milliards pour plan
article
83 et 100 millions € pour le PERE, respectivement pour environ
3.5
millions et 92000 assurés.
- PERCO
: des encours
à 3.45 milliards fin juin 2010, pour 630 000 porteurs.
L'essentiel de l'intéressement et de la
participation continue à s'accumuler dans les PEE
bloqués 5 ans seulement et qui offrent les mêmes
avantages
fiscaux. L'encours des PEE à fin 2009 s'élevait
à
82 milliards €. L'encours de plans article 83 et PERE
s'élevait à 42 milliards au 31-12-2008 (pas de
chiffres
publiés pour 2009). Le Perco reste peu significatif. De
plus,
les encours sont concentrés sur les salariés de
quelques
très grandes entreprises.
- Nombre de
porteurs en épargne salariale
: le chiffre de 11.8 millions de porteurs est
régulièrement cité, sans
préciser qu'un
même individu peut être comptabilisé
plusieurs fois.
Rien n'interdit - et c'est tant mieux - de conserver ses plans
d'épargne au fil des ses passages chez différents
employeurs. Les retraités restent souvent porteurs, surtout
lorsqu'ils détiennent des parts de fonds en actions de leur
précédent employeur. De l'avis de gestionnaires
eux-mêmes, ce chiffre de 11.8 millions peut être
aisément réduit à 8 millions pour
approcher la
réalité du nombre de salariés actifs
détenteurs d'épargne salariale. La
compétitition
pour être en tête du classement des gestionnaires
contribue
certainement à l'inflation de ces chiffres.
Coexistence des offres Epargne salariale et Assurance
retraite en entreprise
Compilation et commentaires de
données repérées dans le
rapport
de la commission des affaires sociales (rapporteur Dominique
Leclerc) et dans l'
avis de
la commission des finances (rapporteur Jean-Jacques
Jégou), tous les deux publiés le 29/9/10.
Le
rapporteur de la commission des finances du Sénat tente de
conciler les deux familles antagonistes. Extrait de son rapport du
29/9/10 : "Il [le raporteur] juge essentiel que puisse exister au sein
de
l'entreprise une offre alternative de produits de retraite collectifs,
obéissant à deux logiques différentes,
celle de
l'épargne salariale incarnée par le PERCO et
celle assurantielle
dont les contrats de
« l'article 83 »
constituent le
fleuron.
Ces offres doivent coexister, sans concurrence,
dans
la mesure où chacune peut répondre
à des
besoins
différents de l'épargnant salarié." Le
rapporteur
acte ainsi la
nécessité d'un foisonnement des offres
d'épargne
retraite d'entreprise.
Or six pages plus loin dans son rapport, il déplore le
manque de
lisibilité des offres pour les salariés. Pour y
remédier, il ne propose pas de fusionner des produits (PEE,
PERCO, article 83, PERE voire MADELIN, même type de produits
à cotisations définies). Il prône la
diffusion d'un
livret d'épargne salariale et de retraite. Qui va le
financer ?
Les
banquiers ? Les assureurs ? Les deux puisque des produits des deux
familles sont concernés. Ou encore une nouvelle obligation
pour
les
employeurs ? Le plus simple, soyons cynique, c'est une
ponction
sur
l'épargne des salariés. Cette mesure sera
facilitée par la réduction de
la gouvernance des plans d'épargne d'entreprise (voir le
§
édifiant sur
la
simplification de la gouvernance des PERE).
Calendrier à venir :
- 6 Octobre : début du débat au
Sénat
- Vote de la loi prévu le 17 octobre
- Discussion de la loi de financement de la
Sécurité sociale pour 2011,
- Discussion de la loi de finances pour 2011.
Le
projet du gouvernement a
été présenté à
la presse le 16 juin 2010. En voici nos commentaires :
Un projet actuellement centré sur la
réforme du régime de retraite de base
Pour les
salariés du
secteur privé, la réforme
présentée
concerne uniquement le régime Vieillesse de la
Sécurité Sociale, régime de base
appelé
aussi 1er pilier, qui est géré par la CNAV. Pour
mémoire, ce régime procure au maximum une
retraite
égale à un peu moins de la moitié du
plafond
annuel de la sécurité sociale, soit une pension
d'environ
17 000 € par an en 2010. Voir le
simulateur de la CNAV.
La pension Vieillesse est complétée d'une
retraite issue
d'un régime ARRCO pour tous et d'un régime AGIRC
pour les
cadres. La réforme du régime de base aura en tant
que
telle des conséquences sur le montant des retraites ARRCO et
AGIRC, par le mécanisme existant des décotes et
surcotes
notamment. De plus, ces deux régimes devraient
eux-mêmes
être réformés dans les mois qui
viennent.
Une mesure phare : le recul progressif de
l'âge d'obtention d'une pension de retraite
Le point 1 de la synthèse de la réforme du
gouvernement
dit : "Porter l’âge légal de droit
commun à
62 ans en 2018, en l’augmentant chaque année de 4
mois
à partir de la génération 1951, et
augmenter
parallèlement de deux ans l’âge
d’annulation
de la décote."
En d'autres termes, la mesure porte, d'une part, sur l'âge
minimum (ou âge légal de droit commun)
à partir
duquel un salarié pourra liquider sa pension de Vieillesse
qui
augmente progressivement de 60 ans à 62 ans, par pas de 4
mois
par an. Voir le
simulateur pour calculer son âge
minimum de départ en retraite si la
réforme projetée est mise en oeuvre.
La mesure porte, d'autre part, sur le recul de l'âge
à
partir duquel un salarié perçoit une pension
Vieillesse
au taux plein (ou "âge d'annulation de la décote",
à partir duquel les pensions complémentaires
ARRCO et
AGIRC ne sont plus minorées ou majorées en
fonction de la
durée effective de cotisation du salarié qui peut
avoir
ou pas "ses trimestres"). Cet âge passerait de 65 ans
à 67
ans. Comprendre le
système
de Décote /Surcote. Comprendre le
calcul de la pension Vieillesse et
notamment demander son relevé de situation personnel.
Des taxes sur des dispositifs
élitistes de
rémunération
exonérés de charges pour
contribuer au financement des retraites par répartition
Les
retraites Article 39 seraient encore plus
lourdement taxées
Le gouvernement entend agir sur les 3 leviers suivants :
- La contribution additionnelle de 30% à la charge
des
empoyeurs serait appliquée sur les rentes quel que soit leur
montant et non plus seulement sur les rentes supérieures
à 8 PASS (soit 276 960€ en 2010), ainsi que l'avait
instaurée la loi de financement de la
Sécurité
sociale pour 2010.
- La contribution de 16%
sur les rentes (à la charge de l'employeur) s'appliquerait
au
1er euro et non plus à partir d'une rente annuelle de 12
000€ (1/3 du PASS).
- Une contribution de 14% à la charge du
bénéficiaire serait créée.
Les bénéficiaires de régime de
retraite Article 39
ont intérêt à utiliser les marges de
manoeuvre
fiscales et sociales offertes dans les plans
Article 83 ou
PERE, nettement moins
taxés et qui sont ouverts aux très hauts salaires
depuis la loi Fillon de 2003.
Les futurs plans de stock-options seraient plus
lourdement taxés
Sur les gains de levée d'option, la contribution de
l’employeur passerait de 10 à 14 % et
celle du
salarié passerait de 2,5 à 8 %.
L'épargne retraite n'est pour l'instant
pas abordée dans le projet de réforme
Cependant, à l'instar du timing
observé lors de la
réforme Fillon de 2003, le gouvernement pourrait
prochainement
rajouter à son projet de loi un chapitre
dédié au développement
de l'épargne,
qui pourrait s'inspirer des propositions variées
émanant
de divers horizons. Par ailleurs, la règlementation de
l'épargne retraite pourrait être
modifiée par les
lois de financement de la sécurité sociale et de
financement pour 2011.
Les propositions de réforme de
l'épargne retraite d'entreprise - Point début
juillet 2010
Proposition de l'AFG du 1-6-10
Proposition de la FFSA (introuvable sur leur site !)
Proposition des
députés UMP et NC
Proposition EFAMA
Nos commentaires :
Proposition
de l'AFG du 1-6-10
Lire les proposition de l'AFG du 1-6-10
Proposition n°1 : "une fiscalité
cohérente avec la durée de l'épargne"
- alléger les taxes supportées par
l'employeur :
supprimer le forfait social de 4 % sur l'abondement au PERCO
et supprimer la taxe de 8.2% sur la part d'abondement au
-delà de 2300€
- alléger les prélèvements
sociaux sur les
produits financiers dégagés sur un PERCo
supportées par l'épargnant.
En contrepartie de ces allègements, les débocages
anticipés pourraient être soumis à
charges sociales.
Proposition n° 2 : "Prime
pour la Retraite en faveur des jeunes"
Sous l'argument que les jeunes seront les plus
pénalisés
par la dégradation des retraites par répartition,
l'AFG
propose une aide financière pour les jeunes. L'AFG propose
une
prime de 300€ par an maximum. Sur 40 ans, en
€
constants, à un taux d'intérêt annuel
raisonnable
de 3 %, cela procure un capital de 10245 €, soit une rente
annuelle 488 €, soit 40€ par mois,
à partir de 65
ans et jusqu'à son décès, si le jeune
a 25 ans en
2010, dans les conditions techniques actuelles de conversion en rente
(précompte des intérêts futurs sur le
capital de
rente à 2%). Il faut juste espérer sur cet
abondement de
l'Etat incite les jeunes à épargner
eux-mêmes pour
constituer une épargne d'un niveau signifiant.
Proposition n°3 : "Elargir
les sources d'alimentation du PERCO"
Idée d'orienter les flux de la
participation, de
l'intéressement, des IFC, du CET et des jours de RTT non
pris
vers le PERCO.
Idée de verser par défaut une partie de la
participation
des salariés sur le PERCO, ce qui augmenterait
automatiquement
le taux d'adhésion au PERCO dans les entreprises
équipées, d'une part et ce qui obligerait toutes
les
entreprises assujetties à la participation à
souscrire un
PERCO. Il s'agit des entreprises de plus de 50 salariés dont
la
participation est positive, employant 5 millions de
salariés. [A
partir de cette idée a été introduite
le 21
juillet par un amendement de députés UMP dans le
projet
de loi que la participation serait fléchée par
défaut pour 50% de son montant dans le PERCO que l'employeur
devrait mettre en place si nécessaire. La
même idée proposée
pour l'intéressement
a été rejetée par le ministre Woerth.]
L'idée de capter les primes d'IFC paraît
économiquement irréaliste car elle implique que
l'employeur monétise par anticipation une dette
hypothétique (conditionnée par la survie et la
présence du salarié dans l'entreprise).
Concernant le CET, l'idée serait d'augmenter le nombre de
jours
transférables vers un PERCO ou PERE (limité
à 10
jours par an actuellement).
Proposition
n° 4 : "Mieux
mobiliser les acteurs et mieux communiquer"
Conditionner la mise en place de plans de retraite élitistes
à celle de plans de retraite pour tous (PERCO, PERE ou
article
83).
Ouvrir le bénéfice des PERCO à tous
les
mandataires sociaux (aujourd'hui réservés aux
mandataires
sociaux des entreprises comptant de 1 à 250
salariés).
Développer l'information sur la retraite par
répartition.
Harmoniser la communication entre les entreprises sur les pratiques de
partage du profit.
Proposition n° 5 :
"Améliorer l'accès à
l'épargne retraite et
sa portabilité en créant un PERCO individuel"
Créer un produit individuel sur le modèle de
PERCO en
reprenant les caractéristiques
appréciées par les
salariés : versements libres, déblocage pour
acquérir sa résidence principale, sortie au choix
en
rente ou en capital.
L'AFG pointe le PERP comme inadapté aux personnes non
imposables
sans expliquer sa position. A priori, le PERCO n'est pas
particulièrement adapté
à des personnes
non imposables.
Pour l'AFG, ce produit individuel permettrait de favoriser la
portabilité de l'épargne retraite, alors que les
salariés sont de plus en plus mobiles.
Nous observons que la règlementation permet
déjà
aux salariés démissionnaires qui le souhaitent de
continuer à alimenter le PERCO de leur ancien employeur
si le nouvel employeur n'offre pas ce réceptacle.
L'idée serait
peut-être de créer ce que nous pouvons d'ores et
déjà observer sur le marché des
Article 83 et PERE
: certains salariés (avertis et opiniâtres)
après
avoir quitté un employeur ayant alimenté ces
dispositifs,
transfèrent systématiquement leurs avoirs sur un
PERP,
facilitant le suivi de leur épargne par sa
concentration
sur un unique plan qu'ils connaissent bien.
Ainsi, l'idée
de créer un PERCO individuel à pour corollaire de
préparer le désengagement de l'employeur de
l'épargne retraite. Cependant, contrairement aux
députés UMP NC qui le demandent pour le PERP,
l'AFG ne
propose pas de permettre un versement de l'employeur sur la
version individuelle du PERCO.
Proposition
du 30 juin 2010 des députés UMP et NC
Lire le rapport (pages 18 et
19)
Proposition n°10
: "Favoriser la diffusion du PERCO
en permettant sa mise en place par accord national interprofessionnel
(ANI) pour les salariés non couverts par ce type de
dispositifs."
L'argument est le suivant (Extrait) : "Le groupe de travail UMP-NC
souhaite encourager le développement de
l’épargne
retraite collective, à travers le PERCO, car
l’épargne collective offre de meilleures
performances pour
un coût souvent inférieur et des garanties de
transparence
également meilleures par rapport à des produits
classiques individuels." La meilleure qualité du
PERCO par
rapport à l'épargne individuelle
mériterait
d'être justifiée. Pour notre part, si dans les
très
grandes entreprises (4 millions de salariés du
privé),
nous constatons effectivement que les adhérants au PERCO
peuvent
souvent bénéficier d'opportunités de
placements
financiers de très bonne qualité, nous
n'affirmerions
pas les offres faites aux salariés de toutes les
autres
entreprises (12 millions de salariés du
privé), sont meilleures que celles qu'ils
peuvent
acheter à titre individuel.
L'idée de négocier un PERCO au niveau national
qui serait
disponible pour les salariés n'ayant pas accès
à
un PERCO dans leur entreprise doit être
précisée pour en démonter la
pertinence. A priori,
nous ne voyons pas ce que inciterait un salarié à
adhérer et verser au PERCO national dès lors
qu'il
manquerait à ce dispositif d'entreprise ce qui fait son
principal intérêt dans les entreprises qui
l'offrent
: l'abondement de l'employeur. Par ailleurs, la
règlementation permet déjà
d'accueillir des
salariés isolés dans les PEI et PERCO de branche
dont ils
relèvent. Cette faculté n'aurait jamais
été
appliquée.
Proposition n°11
: permettre à l’employeur d’abonder
directement le PERP souscrit par son salarié.
Extrait : "Pour les petites entreprises qui ne peuvent pas souscrire de
PERCO, il faut permettre
à l’employeur d’abonder directement
le PERP souscrit par son salarié." Cette proposition
paraît vouloir réinventer les plans Article 82
rendus
obsolètes car non collectifs par les nouvelles
règles d'exonération sociale issues de
la loi Fillon
de 2003. Il s'agirait de prévoir le mode d'application et de
contrôle des règles d'exonération
fiscale et
sociale dans la pratique de versement de cotisations retraite par
l'employeur sur un compte retraite individuel.
L'idée de permettre aux employeurs d'alimenter un plan de
retraite individuel peut être
intéressante pour une
autre raison : cette idée revient à les
décharger de la gestion administrative et
financière du
plan de retraite d'entreprise, pour laquelle ils ne sont pas
équipés.
Curieusement, l'argumentaire de cette proposition 11 comporte
l'idée suivante : "Enfin, afin de favoriser
l’épargne retraite, le groupe de travail UMP-NC
recommande
d’encourager un transfert progressif de la
fiscalité en
faveur de l’épargne courte vers une
fiscalité en faveur de l’épargne
longue."
Doit-on comprendre que le PEE serait voué à
disparaître au profit du PERCo, du fait de ses trop
gros
avantages fiscaux en contrepartie d'un blocage de 5 ans seulement, en
outre adouci par son cortège de cas de
déblocages anticipés qui ne remettent pas en
cause les
exonérations fiscales ?
Proposition n°9 :
favoriser l'utilisation du CET,
présenté comme une solution à la
question des
carrières longues et de la pénibilité
des
métiers ("dispositif innovant qui pourrait permettre mieux
prendre en compte d’éventuelles situations de
pénibilité tout au long de la vie
professionnelle").
Pour mémoire, le CET est alimenté librement par
les
salariés, avec leurs jours de congé non
pris.
Vouloir inciter des salariés dont le métier est
pénible à rogner sur leurs jours de
congés qu'ils
récupéreront en partant plus
tôt en retraite
n'est pas réaliste. L'espérance de vie de ces
personnes
est déjà sensiblement moindres que celle des
autres
salariés, ils seraient mal venus de se priver de loisirs
pour
travailler plus et rapprocher la date de leur
départ à la retraite !
Proposition
EFAMA : Les OCERP, prochains plans d'épargne
retraite européens ?
L'
EFAMA,
European Fund and Asset Management Association, propose dans un
rapport
dédié à l'épargne
à long terme
la création de produits d'épargne retraite,
baptisés les OCERP (Officially Certified European Retirement
Plan), respectueux de la fiscalité propre
à chaque
pays membre de l'UE, à adhésion par
défaut (mais
clause d'opt-out), et aisément portables dans toute
l'UE,
au gré des mutations professionnelles des individus. Affaire
à suivre, notamment dans le cadre de la consultation
européenne sur les retraites qui démarre (un
Green Paper
en vue).
Intéressement
- Certaines Directions du Travail exigent que
tout indicateur de chiffre d'affaires utilisé dans
un accord d'intéressement soit
déflaté, afin d'extraire l'effet prix dans la
mesure du progrès de ce type d'indicateur. Nous recommandons
aux employeurs de déflater
systématiquement les indicateurs de chiffre d'affaires pour
éviter d'éventuelles
requalifications de leur accord.
- Vous pouvez apprécier la position relative de
votre entreprise en matière d'intéressement sur
notre benchmark
intéressement,
- Nos prochaines formations
"Négocier un accord d'intéressement efficace et
motivant" : Programme
et calendrier.
Performance
des plans d'épargne et de retraite
d'entreprise
La qualité de la gestion
financière est cruciale
pour permettre à vos salariés de
préparer efficacement le financement d'un projet
sur un plan que vous leur proposez, qu'il s'agisse
d'épargne salariale ou d'assurance retraite
d'entreprise. Nous organisons une conférence le 6 juillet
2010 sur ce thème et présenterons des fonds
que vous pouvez facilement rajouter dans vos plans existants.
Programme de la conférence du 6 juillet 2010.
PERE
versus Plan article
83
Des voix s'élèvent
pour dénoncer la
complexité du PERP, et par là du PERE qui est sa
version collective, pour expliquer le faible développement
de ces dispositifs. Ainsi, certains
recommandent notamment de supprimer le comité de
surveillance, trop
compliqué à gérer et inutile. Il se
trouve que nous venons
précisément de constater les
bienfaits du comité de surveillance
d'un PERE inter-entreprises : les employeurs
siégeant au comité ont obtenu de l'assureur qu'il
supprime purement et simplement les frais de transfert collectif
à un autre assureur. Supprimer le comité de
surveillance du PERE serait un régression. Nous
apprécierions que cet organe de gouvernance
s'impose dans les plans Article 83 même anciens.
Actionnariat
salarié : soigner l'information financière
Nous présentons lors d'une
conférence le 1er
juillet à Paris, ASpro,
une prestation d'information financière des
salariés actionnaires de sociétés
cotées sur l'évaluation financière
comparée du titre de leur entreprise.
Programme
.
Gouvernance et
participation des salariés
Le Conseil d'Analyse Stratégique vient de publier un rapport
consacré à la gouvernance et à la
participation
des salariés. Vous pouvez consulter le
rapport
du Conseil d'Analyse Stratégique.
PERCO
Nous mènerons prochainement pour un commanditaire public une
grande
enquête sur le profil socio-économique des
adhérents au Perco. Si vous le souhaitez, vous
pouvez inscrire votre entreprise pour
participer
à l'enquête PERCO.
Equipement des
entreprises en assurance retraite
Voici les
résultats de
l'enquête
CSA pour
le Conseil d'Orientation des Retraites menée en 2010. Ce
type de
données est très rarement fourni, la
précédente livraison date de 2004.
Colloque
"Epargne
salariale" au Palais du Luxembourg le 18
mars 2010 : nos commentaires
Ce colloque
dédié au
thème
"Actionnariat
salarié, Participation et Intéressement : quel
avenir ?"
s'est tenu à l'initiative de la
FAS, Fédération des
Actionnaires Salariés et Anciens Salariés et sous
le haut patronage de la
sénatrice Isabelle Debré.
Karente a contribué à cette
journée d'étude en organisant les e-mailings qui
ont permis de réunir plus de 120 participants. Les
consultantes
de Karente Claire
Vaillant et Manuèle Pennera,
présentes au colloque,
commentent ici les exposés et les échanges qui
ont eu lieu. Nous rappelons que les actes du colloque sont en cours de
rédaction par la
FAS et
seront expédiés à tous les
participants et
personnes intéressées.
- Christian
Poncelet,
sénateur, ancien ministre et
président du Sénat
a ouvert la journée en brossant un tableau historique de la
participation. Il a rappelé la philosophie du
Général de Gaulle : "Entre la
brutalité du
capitalisme et l'aliénation du communisme, il existe une
troisième voie : la Participation" et a
ainsi fourni des
éléments
précieux pour comprendre la situation actuelle.
- Michèle
Monavon,
Présidente de la FAS, étant
retenue par des obligations professionnelles, a, dans sa lettre de
bienvenue, souligné que l'une des
caractéristiques de l'actionnariat salarié est
d'être un actionnariat à part entière,
complémentaire de l'ensemble des actionnaires
institutionnels et de l'ensemble des actionnaires individuels. Elle a
rappelé le comportement des actionnaires
salariés
durant la crise boursière : actionnariat stable,
durable et de référence pour les entreprises, ce
qui en fait une composante précieuse de la
stratégie des
entreprises. Elle a souligné que l'avenir de l'actionnariat
salarié est dépendant non seulement de cette
stratégie mais aussi de l'avenir de la
participation et de l'intéressement dans toutes les
entreprises, depuis les PME jusqu'aux plus grandes
sociétés cotées, et des
évolutions futures de la législation
afférente.
- Vincent
Dutfoy,
Délégué
Général et Président du
Comité Evénementiel de la FAS, a
présenté les activités de la FAS comme
instance de
promotion de l'épargne salariale et de l'actionnariat
salarié et a
rappelé les objectifs de la journée
d'étude : recenser et préparer les voies de
progrès constants de l'épargne salariale.
Maurice
Aumage,
Président du Comité Editions et Publications de
la FAS, consultant, spécialiste en organisation, a
présenté, dans un premier exposé, le
lien indispensable entre
l'organisation de toute entreprise et la participation des
salariés aux décisions. Dans un second
exposé
dédié au développement de la
participation dans
les "BRIC", il a mentionné les réponses
négatives - et donc édifiantes -
aux courriers de demande de
témoignage qu'il a adressé aux Ambassades de ces
pays.
- Jean-Claude
Mothié,
président d'honneur de la FAS et président de la
commission Epargnants à l'AMF, a proposé
notamment de 1/ supprimer la confusion entre l'administrateur
représentant les actionnaires salariés
et l'administrateur salarié représentant
les
salariés, 2/ rassembler dans un texte
synthétique l'ensemble des textes régissant
l'épargne salariale et l'actionnariat salarié,
dont les
20 instructions émises par l'AMF ces dernières
années traitant de l'information des épargnants
salariés, 3/ développer la formation,
l'information et
le conseil aux salariés, confrontés à
une abondance de l'offre de dispositifs
d'épargne salariale. et il a
évoqué l'intégration de
l'épargne salariale
dans la directive MIF, 4/ d'améliorer la
cohérence des textes par une directive au moins au niveau
européen, sans pour autant s'aligner sur le moins disant.
- Sébastien
Roux, du
ministère des Affaires sociales, a
commenté les
statistiques de diffusion de l'épargne salariale dans les
entreprises et expliqué leur mode de production
(statistiques
détaillées des volumes par type de dispositif
dans les
entreprises de plus de 10 salariés et simple
enquête d'existence de
dispositifs dans les entreprises de moins de 10 salariés).
Il a
également souligné l'absence de mesure
de
l'équipement des entreprises en dispositif d'actionnariat
salarié.
- Augustin
de
Romanet,
directeur
général de la Caisse des
Dépôts et
Consignations, a fait un exposé remarqué. Sa
lecture de
quelques pages de "Mémoires d'espoir" de De Gaulle (p999
Edition de la Pléiade) lui a permis
de rappeler la motivation profondément humaniste et sociale
de
l'inventeur de la Participation.
Il
a rappelé son expérience de
rédacteur des
ordonnances Balladur de 1986 portant sur
l'intéressement
dans la Fonction Publique, sujet d'actualité qu'il n'a
cependant
pas développé. S'agissant de l'épargne
salariale,
il a pointé "la vraie inégalité entre
les gens qui
ont accès à l'épargne salariale et les
autres", en
citant l'exemple de la "dactylo" du siège de Total qui en
bénéficie, contrairement au pompiste de la
station-service. Un participant fera remarquer l'effet pervers de la
formule légale de participation assise qui peut donner une
prime
individuelle modeste quand bien même les résultats
sont
colossaux.S'agissant
d'actionnariat salarié,
il a souligné
le non
intérêt du Medef pour cette question et
stigmatisé
"le patron français pas partageur, ni avec les
salariés
ni avec les capital-riskers" ; il a dénoncé les
entreprises
qui viennent solliciter une prise de participation de la CDC
dans
leur capital, alors même qu'elles ne développent
pas
l'actionnariat salarié. Interrogé par un
participant sur
la volonté de la CDC à effectivement conditionner
ses
prises de participation à l'existence d'un plan
d'actionnariat
salarié, il a précisé de pas
être "militant
de la coercition". Pour lui, la question sensible de la valorisation
des titres d'entreprises non cotées en bourse pourrait
trouver
une réponse simple en s'appuyant sur l'actif net. Sur la
question cruciale de la liquidité, il précise que
la CDC
peut être agent de liquidité, sous des conditions
techniques bien maîtrisées. Il explique
le faible
développement de l'actionnariat salarié par
l'exigence de
transparence qu'il requiert invariablement pour exister et la
volatilité des cours de bourse.. Interrogé sur
la protection des salariés épargnants, il a
convenu de la
nécessité d'un conseil personnalisé
tout en
fustigeant l'inclusion de l'épargne salariale dans la MIF
car
bien trop complexe pour être efficace et facilement
appliquée (Mif = directive
Marchés d'Instruments Financiers qui encadre la vente des
produits financiers dans le but de protéger
l'épargnant
financier individuel à l'exclusion de l'épargnant
salarié et de l'actionnaire salarié. Le porteur
d'assurance-vie individuel en Unités de comptes est
désormais protégé par la MIF depuis
les
ordonnances de janvier 2009).
- Stéphane
Huillet
,
représentant la CGPME, a exposé le point de vue
des PME
qui ont besoin d'un paysage simple et stable. Il a insisté
sur
l'importance de la communication et de la formation aux
dirigeants
et aux salariés pour assurer le développement de
l'épargne salariale.
- Viviane Neitter, APAI,
associée gérante d'Oratorio,
et membre de la commission Epargnants à l'AMF,
s'inquiète de la distinction dangereuse entre l'actionnaire
salarié et l'actionnaire individuel. Elle
a déploré le faible niveau de culture
financière des Français et souhaite que les
actionnaires salariés participent à des clubs
d'investissement pour se former. S'agissant de la participation aux
décisions et de la gouvernance, elle prône la mise
en
place du vote par Internet aux assemblées
générales pour les actionnaires
salariés et les
actionnaires individuels.
- Gilbert
Grall,
directeur
financier du Groupe Poclain Hydraulics a présenté
son
entreprise de 1500 salariés, non cotée,
très en
pointe dans son équipement en épargne
salariale (15%
du capital est détenu par 34 % du personnel). Il a
exposé
un projet
de création d'un livret d'épargne salariale
à taux
garanti par Oséo pour les salariés afin
de permettre
le financement du capital de PME non cotées. Nous
nous
interrogeons sur les inévitables effets de seuil
(effectif ou autre) que créerait un tel dispositif, sur la
définition d'une PME et sur le véritable objectif
d'un
tel livret. Nous pensons que l'épargne salariale se diffuse
mal en PME non pas par défaut de solutions de gestion
financière qui sont au contraire nombreuses et somme toute
relativement satisfaisantes, mais du fait de la complexité
des
dispositifs et du caractère trop instable du cadre
règlementaire. S'agissant de produit à rendement
garanti pour les salarié, rappelons que
l'entreprise a
toujours la possibilité d'emprunter les avoirs de ses
salariés moyennant un taux de rendement minimum
fixé par
la loi (au
TMO),
avec le système des comptes courants bloqués, en
perte de vitesse mais à
redécouvrir.
- Marco
Caramelli,
professeur-chercheur à l'INSEEC
Business
School, a
dressé dans un 1er exposé un panorama des
dispositifs
d'épargne retraite d'entreprise aux USA et nous avons
découvert la profusion de dispositifs (pas moins de 6). Nous
avons appris que les plans 401K, très
réputés en
France, sont en fait bien moins importants en nombre
et en encours que les ESOP's peu connus ici. Nous
avons
relevé avec
intérêt la liaison fréquente aux USA
entre un plan
de
retraite d'entreprise et une participation aux décisions
très concrètes et pratiques par les
salariés (a
minima une boîte à idées). Dans un
second
exposé, Marco
a présenté le résultat de 30 ans de
recherche en
actionnariat salarié en France.
- Pascal
Trideau,
directeur
général de la Confédération
générale des SCOP a
présenté le
modèle original de création de valeur par la
coopérative, utilisé par plus de 2000 SCOP
employant 40 000 salariés. Nous avons relevé
ainsi
que les SCOP sont pour 90% d'entre elles des entreprises de
moins de 10 salariés, mais que 98 % d'entre elles
utilisent
le dispositif de participation légale pour
partager leurs
résultats avec leurs salariés.
- Marie-Noelle
Auberger,
vice-présidente de APL-SAGL,
a attiré l'attention de
l'auditoire sur la société à
gestion partagée et ses qualités peu
connues.
- Manuèle Pennera,
consultante
associée
gérante de Karente
a proposé 3 points de modernisation de l'épargne
salariale : 1/ Supprimer le caractère obligatoire de la
participation légale, 2/ Sensibiliser les employeurs
à leur
rôle de surveillance de la gestion financière des
avoirs
de leurs salariés [voir à cet égard
sur Natixis-Interépargne
l'avantage n°6], 3/ Simplifier les dispositifs aujourd'hui
trop
touffus et se canibalisant (notamment le PEE et le
PERCO). Voir la
présentation projetée lors du colloque.
- Paul Maillard,
président
d'honneur de Fondact,
qui a contribué à l'élaboration des
nombreuses lois modifiant l'épargne salariale depuis 30 ans,
a
exposé brièvement ses vues sur
l'épargne salariale
aujourd'hui. il a notamment pointé la tendance
fâcheuse
à utiliser l'épargne salariale
comme instrument
d'optimisation des rémunérations et
d'épargne
retraite. En conséquence, il ne s'étonne pas
de la
création du forfait social.
Enfin,
pour clôturer la journée,
Isabelle
Debré,
sénatrice des Hauts-de-Seine, rapporteur de la loi du
31-12-2006
modifiant l'épargne salariale, et membre du Conseil
d'orientation de la participation, de l'intéressement, de
l'épargne salariale et de l'actionnariat salarié
(
COPIESAS)
(ex-Conseil Supérieur de la Participation), a
exposé sa vision de ces dispositifs, en appelant de ses
voeux
une simplification, qui pourrait passer par la fusion de
l'intéressement
collectif et de la participation aux résultats. Elle a
indiqué qu'un
texte pourrait voir le jour d'ici quelques mois. En
prévision de
ces travaux parlementaires, elle a écouté
attentivement
les questions et commentaires des participants :
- Un projet de fonds d'actionnariat
salarié
assorti d'un rendement garanti pour les salariés
et à volatilité limitée par
la
mutualisation du risque Ouvrir la possibilité
d'investir ses
avoirs en actions de son entreprise dans le Perco,
- Dans
l'éventualité d'une
fusion
Participation-Intéressement, veiller à
préserver les qualités de flexibilité
et de proximité de l'intéressement qui en fait un
outil précieux de motivation,
- Le projet du livret
d'épargne
salariale
porté par Gilbert Grall (cf. supra),
- Les
difficultés de calcul de la
participation
légale dans un groupe comptant de nombreuses filiales,
- Une remarque sur
l'inadaptation de l'expression
"Epargne
salariale" puisque désormais les dirigeants non
salariés
d'entreprise de moins de 250 salariés ont accès
à
tous les dispositifs d'épargne salariale,
Isabelle
Debré a rappelé sa
préférence pour des dispositifs non coercitifs.
Pour
autant, interrogée sur l'idée de mettre fin au
caractère obligatoire de la participation légale
aux
résultats, elle a répondu que cette
idée lui paraissait inenvisageable.
Isabelle Debré invite les participants à
lui envoyer toute
idée de modernisation de l'épargne salariale, en
direct ou via la
FAS.
Prime liée aux dividendes : un projet de loi
avance cahin-caha pour relancer le pouvoir d'achat. Les grandes
entreprises, principales cibles, réagissent en
prônant le
développement de l'actionnariat salarié...ce qui
éloigne de l'objectif de relance du pouvoir d'achat !
Un débat surréaliste avait enflé
mi-avril suite aux
propos du gouvernement d'obliger les employeurs à distribuer
une
prime (1000€ évoqué) aux
salariés
lorsque des dividendes sont versés aux
actionnaires. Lire les
propos pondérés mais très
fermes en avril 2011 de
Jean-Christophe Sciberras, le nouveau président de
l'ANDRH dans l'Usine Nouvelle.
Le 25 mai 2011, le gouvernement a adopté un
projet
de loi (voir l'article 1), selon lequel
les entreprises qui distribuent des dividendes en progrès
par rapport à la moyenne des deux exercices
précédents et comptent plus de 50
salariés, doivent négocier le versement d'une
prime qui sera
exonérée de charges sociales dans la limite de
1200€ par an et par personne. La prime serait
exonérée d'impôt si elle est
versée à un plan d'épargne salariale.
Lire la promotion par le gouvernement du dispositif,
rebaptisé "Partage de la valeur", dispositif qui fait
partie des 7 mesures en faveur du
pouvoir d'achat.
Il semblerait que seraient concernées
principalement
des très grandes entreprises du CAC
40, très fortement mondialisées, qui ont
profité de la reprise de la croissance ailleurs qu'en France
et ont augmenté leurs dividendes. La réaction
des représentants de ces très grandes
enterprises est très intéressante est assez
logique : s'il faut intéresser les salariés
français à la croissance de dividendes
dégagés sur des activités partout dans
le monde et
pas seulement liées au travail de salariés
français,
il est plus cohérent d'inciter les
salariés
à devenir actionnaires. Il se trouve que les
grandes
entreprises françaises ont
déjà très largement
développé l'actionnariat salarié.
- Voir
l'opinion
de Xavier Fontanet,
le pdg d'Essilor, dans un
article des Echos du 18/5/11 où il prône les
vertus de 'actionnariat
salarié pour tous.
- Lire l'interview dans Les Echos du
25/5/2011 de Maurice Lévy,
ancien patron de Publicis et président
de l'AFEP (association française des entreprises
privées, rassemblant
les grandes entreprises du CAC 40). Il enfonce le clou sur la liaison
prime et actionnariat
salarié.
Préparer les Conseils de surveillance des FCPE
La saison des conseils de surveillance des FCPE approche. Les FCPE ? Ce
sont ces fonds sur lesquels les salariés peuvent placer leur
épargne salariale. Ils fonctionnement avec un conseil de
surveillance paritaire, comprenant des représentants des
salariés épargnants et de la direction de
l'entreprise.
Ce conseil partaire a pour mission de surveiller la gestion
financière et administrative effectuée par
l'organisme
gestionnaire des FCPE. N'oubliez pas d'exercer cette surveillance ! Au
fait, avez-vous désigné (voire mieux :
élu) des
membres aux conseils de surveillance des différents FCPE
offerts
aux salariés de votre entreprise ? Les membres de conseils
de
surveillance ont-ils bénéficié de la
formation ad
hoc prévue par le Code Monétaire et
Financier ? Non
? vous pouvez nous contacter : 01-4766-8772 ou par mel.
Crédit d'impôt sur
l'intéressement
augmenté à 30% mais réservé
aux entreprises
de moins de 50 salariés
La loi de finances pour
2011 aménage le crédit
d’impôt imputable sur l’impôt
sur les
bénéfices dû par les entreprises qui
concluent des
accords d’intéressement ou des avenants
à des
accords d’intéressement. Le crédit
d'impôt
est désormais réservé aux PME de moins
de 50
salariés et le taux du crédit d'impôt
est
relevé de 20% à 30% à compter des
exercices
ouverts au 1/1/2011. L'administration mène une consultation
publique jusqu'au 18 avril 2011 sur un
projet d'instruction fiscale
de 11 pages pour la définition de l'assiette de
l'intéressement, le mode de calcul du seuil d'effectif et la
prise en compte des salariés en CDI, les
conséquences
d'une restructuration de l'entrepris. Avis aux amateurs.....
Bientôt la fin des tarif des rentes
viagères
sexués ? Un surcoût en vue des rentes des hommes
si les
assureurs appliquent la table de survie des femmes, comme ils
l'ont fait jusqu'en 2007.
La Cour de Justice Européenne vient de rendre son verdict :
les
tarifs d'assurance basés sur le sexe des assurés
sont
discriminatoires. Les assureurs devront adapter leurs tarifs d'ici fin
2012. La FFSA dans son
commentaire FFSA,
épingle cette mesure comme défavorable pour les
femmes en
matière d'assurance auto, puisqu'elles ont moins d'accidents
et
coûtent moins aux assureurs. S'agissant des rentes
viagères, les assureurs avaient toujours utilisé
les
tables de survie des femmes pour calculer les rentes. La raison
invoquée : la "prudence", la table de vie des
femmes leur
permettant de vendre les rentes plus chères aux rentiers
mâles, l'espérance de vie des femmes
étant
sensiblement plus élevée que celles des hommes.
Pourtant,
en 2007 des tables sexuées TH05 et TF05 ont
été introduites, qui ont permis - pour les hommes
-
d'absorber le sur-coût des rentes dû à
l'augmentation de la durée de la vie pour tous. Si,
à fin
2012, les rentes sont à nouveau calculées avec
des tables
Femmes, c'est une mauvaise nouvelle pour les retraites par
capitalisation, déjà
pénalisées par la
baisse du taux d'intérêt technique
précomptable
dans le calcul (tombé à 1.75% au 1/1/2011).
La commission Epargne salariale de l'AMF propose
d'étendre
l'utilisation des comptes courants bloqués à
l'intéressement : bonne idée !
Le rapport de la commission Epargne salariale recèle une
pépite : permettre d'investir les primes
d'intéressement en comptes courants
bloqués.
Rappelons qu'aujourd'hui, seules les primes de participation
peuvent être "prêtées" par le
salarié
à l'employeur moyennant un taux de rendement minimum. La
commission de l'AMF propose que les primes d'intéressement
puissent elles aussi être investies en comptes courants
bloqués. C'est à notre avis une excellente
idée.
Voici le § du
rapport AMF consacré
à ce point (page 14) :
"Le deuxième mécanisme, inspiré de ce
qui existe
en matière de participation, est le placement
d’une partie
de l’intéressement en comptes courants
bloqués pour
une période de 5 ans dans l’entreprise. Cette
formule
présente, en effet, plusieurs avantages :
1. Pour les salariés, les sommes ainsi placées
forment
une créance sur l’entreprise. Elles constituent,
de ce
fait, tout en restant risqué, un placement moins volatile
que
l’investissement en actions de l’entreprise,
même
s’il peut s’avérer moins liquide que
certaines
actions d’entreprises cotées. En outre, ce
placement en
compte courant bénéficie d’une
rémunération intéressante puisque la
loi
prévoit un intérêt au moins
égal au taux de
rendement moyen des obligations émises par les
sociétés privées, taux qui
s’élevait
à 3,59 % au premier semestre 2010. En revanche le compte
courant
bloqué présente un risque en cas de faillite ou
de
difficulté de trésorerie de
l’entreprise. Pour
sécuriser davantage ce dispositif pour les
salariés, il
serait souhaitable que les sommes ainsi investies dans
l’entreprise bénéficient du
privilège
attaché aux salaires et/ou d’une garantie
d’un
établissement financier public tel qu’OSEO.
2. Les sommes ainsi placées en compte courant
bloqué
resteraient pendant cinq ans dans les caisses de l’entreprise
(sauf cas de déblocage correspondant à des
situations de
nécessité). Elles contribueraient ainsi au
financement de
la trésorerie de l’entreprise, à un
coût plus
avantageux que celui des prêts ou découverts
bancaires et
même que celui que cette catégorie
d’entreprises
pourrait obtenir en empruntant individuellement sur le
marché.
Aujourd’hui, seules les sommes provenant de la participation
peuvent être placées en compte courant
bloqué dans
l’entreprise pour rendre le dispositif
d’épargne salariale plus attractif pour les
entreprises de
taille intermédiaire, la majorité des membres du
groupe
de travail propose d’étendre cette
possibilité aux
sommes provenant de l’intéressement. Le compte
courant
bloqué figurerait ainsi parmi les placements possibles de
l’épargne salariale, qu’elle que soit
son origine,
à côté des FCPE inclus dans les plans
d’épargne et PERCO interentreprises."
La commission Epargne salariale de l'AMF propose de faire du
livret
d'épargne salariale un outil d'aide à la
décision
pour les salariés : intention louable, mais ....
L'intention est louable de synthétiser dans un unique
document
l'ensemble des dispositifs en place. Nos questions/remarques :
- Qui paiera la conception/édition du livret
d'épargne salariale ?
- Il faut étendre ce livret aux
éventuels plans
d'épargne retraite d'entreprise Article 83 ou
d'épargne temps CET dont bénéficie le
salarié a sa place aux côtés du PEE et
du PERCO
puisque ces plans sont désormais liés par
différentes paserelles et partagent des enveloppes fiscales
et
sociales depuis la loi Fillon de 2003. Du reste, un tel document est
déjà proposé par certaines entreprises
avec ce
document appelé le Bilan Social Individuel. Le
BSI va plus
loin qu'un simple recensement des dispositifs en place : il fournit le
détail des avoirs du salarié dans chaque
dispositif. Un
BSI est un outil coûteux que seules les entreprises
florissantes
proposent à leurs salariés.
Voir page 4 du
rapport AMF
La commission Epargne salariale de l'AMF soulève
la
délicate question du conseil en investissement financier aux
épargnants salariés ... et y apporte des
réponses
décevantes
La commission Epargne salariale de l'AMF remarque que les
salariés épargnants peuvent souhaiter
bénéficier d'un service de conseil en
investissement
"à l'image de celui introduit par la MIF dans le domaine de
la distribution de produits financiers".
Par cette formulation, le groupe de travail paraît
acter que
l'épargne salariale n'est pas un produit financier et par
là, le groupe de travail ne s'étonne donc pas que
l'épargne salariale échappe à la
règlementation qui oblige la
délivrance
par le vendeur d'un conseil en investissement financier
préalable à la vente du produit financier. Cette
posture
est dommageable pour la protection des épargnants
salariés.
L'épargne salariale
est-elle un produit financier ?
Le Code du Travail lui-même définit les
plans
d'épargne salariale comme un portefeuille de valeurs
mobilières : l'épargne salariale est donc un
produit
financier. De ce fait, l'épargne salariale devrait
être vendue après délivrance d'un
conseil en
investissement financier, par un vendeur dûment
habilité
... par l'AMF justement ! La question difficile est celle de la vente
: qui vend le produit financier Epargne salariale au
salarié ? Est-ce l'employeur ? Non, car l'employeur devrait
être alors doté du permis de vendre des produits
financiers, ce qui n'est jamais le cas et qui ne doit pas le devenir.
Il y a pourtant adhésion du salarié au plan, en
utilisant
les bordereaux d'adhésion marqués du logo du
teneur de
compte conservateur. Si l'on accepte que l'adhésion
à un
produit financier est un achat, il y a donc un vendeur, qui est le
teneur de compte conservateur. C'est vraisemblablement
au moment
de l'adhésion que tous les salariés devraient
bénéficier d'un conseil en
investissement financier.
Pour nous, l'épargne salariale est aujourd'hui dans
l'illégalité, du point de vue de la protection de
l'épargnant salarié. Cf
rapport AMF p 9.
L'épargne salariale pour financer l'industrie :
l'idée ressurgit
Nicolas Sarkozy a annoncé à
Saint-Nazaire le 25/1/11
diverses mesures d'orientation de l'épargne
financière
vers l'économie et vers l'industrie en particulier. L'une de
ces
mesures consiste à utiliser l'épargne salariale.
Des
fonds communs de placement investis en titres de
sociétés
industrielles seraient créés et seraient
obligatoirement proposés aux salariés dans les
plans
d'épargne salariale (comme le sont les fonds solidaires).
Nous
attendons les détails pratiques avant de réagir.
Compte
tenu de la complexité des problèmes à
résoudre pour proposer à des salariés
des fonds en
titres non cotés dans le cadre de l'épargne
salariale,
nous pensons que ce dossier serpent-de-mer pourrait encore une
nouvelle fois être enterré. Raison de plus pour
avancer
pas à pas dans le concret, d'autant que les
problèmes de
financement des PME vont être encore plus criants en 2011, si
l'on en croit l'édifiant article du magasine L'Entreprise
"Crédits aux PME : cinq
tendances pour 2011...et après ?".
L'épargne salariale pour financer
l'industrie :
l'idée est passée définitivement
à la
trappe ?
En juillet dernier, le landernau de l'épargne salariale
s'était ému du projet gouvernemental de recourir
à
l'épargne salariale pour financer l'industrie.
L'idée
consistait à créer deux FCPE d'actionnariat
salarié, l'un en valeurs cotées et l'autre en
valeurs non
cotées, et d'obliger une partie des flux (et du stock !)
d'épargne salariale à se porter sur
ces fonds. Cf.
notre
info de juillet 2010,
avec la video
de la conférence donnée par les ministres
Christine
Lagarde et Christian Estrosi. Nous avions émis des
doutes
sur la réalisation des espoirs de réallocation
des actifs
d'épargne salariale vers ces fonds d'actionnariat de PME.
Pour
autant, la question du financement de l'industrie reste
entière,
l'appétit des PME pour les solutions de financement offertes
par
l'actionnariat salarié est important et la
nécessité de proposer des solutions pratiques
adaptées aux PME est évidente. Qu'est devenu ce
projet
? Pas de nouvelles au 7/12/2010, dommage !

Le film "Moi, la finance et le développement durable"
Sur un ton ironique et amusant, la réalisatrice
Jocelyne
Lemaire
Darnaud enquête auprès d'une vingtaine d'experts
banquiers, financiers, associatifs, chercheur, agences de
notation extra-financière, membres du Comité
intersyndical de l'épargne salariale pour comprendre les
relations complexes entre la finance et le développement
durable. La gestion ISR (Investissement Socialement Responsable), si
prisée depuis quelques années, ne serait pas
toujours la
panacée et tout investisseur a intérêt
à
choisir ses placements en connaissance de cause. Le film permet des
prolongements vers le domaine de l'épargne
d'entreprise. En
effet, en épargne d'entreprise, les salariés sont
tributaires de l'entreprise (employeurs + organisations
représentatives du personnel). L'entreprise est responsable
de
la sélection des fonds et choisit souvent une
gestion ISR
(par confort ? par effet de mode ? par conviction ?). En tout
état de cause, la question des choix de gestions
financières devient plus cruciale à mesure que
l'injonction à développer une épargne
retraite
dans le cadre de l'entreprise se fait pressante. Voir l'interview de
deux témoins du film dans l'article du Monde Argent du 16
octobre 2010.
Nous organisons une projection privée du film jeudi 21
octobre à
20h au cinéma La Clef, Paris 5e, à l'attention de
décideurs d'entreprises concernés par
l'épargne
salariale et les retraites d'entreprise. La projection du film sera
suivie d'un débat entre les participants
et Pierre-Yves Chanu pour le CIES (Comité
Intersyndical de l'Epargne Salariale), qui témoigne dans le
film), Soisic Rivoalan et Juliette Renaud pour
les
Amis de la Terre, Silvestre Tandeau de Marsac pour le cabinet
d'avocats FTMS-A et Michel Lemonnier pour Groupama Asset Management
(qui témoigne aussi dans le film). Pour recevoir une
invitation,
contactez-nous.
Quelques critiques éclectiques du film :
Télérama,
Le Figaro/Evene,
Les Echos,
Facebook,
Le Monde, Le Canard
Enchaîné (pas en ligne).
Exercer les droits de vote des salariés
actionnaires dans les entreprises européennes
Une conférence sur ce sujet s'est tenue à Rome
les 16 et
17 septembre 2010, organisé par Dircredito.Une directive
européenne sur les droits des actionnaires a
été votée en 2007. De nombreux pays,
dont la
France, ne l'ont toujours pas transposée en droit
local. Affaire à suivre.
Epargne
salariale et Financement de l'industrie
Video de la conférence de presse
des ministres Christine Lagarde et Christian Estrosi du 8/7/10
à
propos de la Conférence Nationale de l'Industrie. Une
prochaine
loi "sur les nouvelles régulations financières"
débattue à partir de septembre prochain
créerait
deux 2 fcpe en valeurs industrielles, l'un en valeurs cotées
et
l'autre en valeurs non cotées. Des mesures coercitives
seraient
prises pour diriger le stock d'épargne salariale (80
milliards€) et les flux (2 milliards €) vers ces
fonds.
L'idée d'un livret d'Epargne Développement
Industrie
serait examinée dans un 2e temps.
(écouter l'exposé initial de Mme
Lagarde, puis
à la minute 22:34 en réponse à un
journaliste).
Notre commentaire : le stock de 80 MM€ est aujourd'hui investi
à moitié en actionnariat salarié
(coté ou
non coté), un autre quart est investi en
monétaire, le
quart restant est investi en fcpe diversifiés. Ce stock est
détenu par un très grand nombre de
salariés ( 8
à 10 millions selon les comptages). Il est ainsi impossible
matériellement de bouger rapidement ce stock vers de
nouveaux
produits, même s'ils présentent des
caractéristiques exceptionnelles (taux garanti
élevés, perspectives de rendement
élevés ou
crédit d'impôt sur le transfert ?!).
Dépôt des accords d'épargne
salariale : changement d'adresses
En raison de la réforme territoriale en cours, les
accords
d'intéressement, participation, PEE et PERCO qui
étaient
jusqu'à présent déposés
à la
Direction Départementale de l'Emploi, de la Formation
Professionnelle doivent désormais être
déposés à la DIRECCTE (Directions
Régionales des Entreprises, de la Concurrence de la
Consommation, du Travail et de l'Emploi, entités qui
regroupent
notamment les directions régionales et
départementales du
travail, de l'emploi et de la formation professionnelle (DRTEFP et
DDTEFP).
Adresses des DIRECCTE.
Avantages
fiscaux au financement
des PME contre Association des salariés à leur
croissance
: des propositions de l'AFG
L'AFG a publié le 28 juin 2010 des propositions
visant à adapter le dispositif de
réduction d'impôt à échoir
fin 2010, dont
bénéficient les souscripteurs de FIP (fonds
d'investissment de proximité) et de FCPI (fonds commun de
placement dans l'innovation), deux dispositifs permettant le
financement de PME. Nous relevons deux idées de
l'AFG qui nous paraissent fondées pour
garantir
l’utilité économique du cadeau fiscal :
- Conditionner l'octroi des réductions
d'impôt
uniquement au financement de PME qui emploient un nombre
minimum
de salariés, "afin d’éviter que les
financements ne
soient dirigés vers des « coquilles »",
ce qui
sous-entend que cette situation se produit....
- Conditionner l'octroi des réduction
d'impôt
uniquement au financement de PME qui associent l'ensemble de
leurs
salariés à la croissance de l'entreprise, via des
accords
d'intéressement ou de participation.
Proposition à suivre, notamment dans le cadre de la
réforme de l'épargne retraite,
intéressement et
participation étant en effet deux puissants flux
d'alimentation
des PERCO.
Procès Kerviel : quelle indemnisation des
actionnaires salariés
La fin du procès Kerviel est l'occasion de revenir sur le
sort
des actionnaires salariés de la
Société
Générale qui affirmaient, par la voix de l'avocat
de cinq
d'entre eux lors du procès en juin 2010, avoir perdu 65 % de
leurs avoirs à cause de l'affaire Kerviel. L'argumentaire de
l'avocat, cité par La Tribune : "Ils [les
actionnaires
salariés] ont constaté fin 2008 que 65% de cette
épargne avait été détruite.
Catastrophe,
surtout pour les retraités, qui comptaient dessus pour
compléter leur pension. Ce fonds contenait 70%
d’actions
SocGen. Il faut comprendre qu’un fonds
d’épargne salariale n’est pas un fonds
spéculatif, il doit être
géré de
façon prudentielle." L'argumentaire est surprenant : comment
un
fonds composé à 70 % d'un seul titre
coté pourrait
être géré de façon
prudentielle ? c'est
impossible. La question est plutôt de vérifier si
les
salariés étaient informés du niveau de
risque
très élevé de leur
épargne. En tout
état de cause, il serait intéressant de savoir
comment
cette conséquence de l'affaire Kerviel a
été
traité in fine. Au printemps 2008, des
suppléments
d'intéressement ou de participation avaient
été
octroyés aux salariés pour compenser leurs pertes
en
bourse, avec exonérations de charges sociales
financées
par l'ensemble des Français. Affaire à suivre.
Réforme
des retraites
Suivre le débat parlementaire au Sénat
Suivre la réforme :
www.retraites2010.fr
Principales nouveautés en épargne
d'entreprise
incluses dans la loi votée le 10 novembre 2010 :
- Fléchage de 50% de la participation vers un
PERCO s'il
existe.
- Possibilité ouverte aux salariés de
verser des
sommes sur le plan article 83 de l'entreprise en déduction
fiscale, dans la limite de l'enveloppe Fillon de 10% du
revenu
d'activité professionnelle. Cette mesure revient
à saper le PERE qui se confond avec un plan article
83.
- Possibilité de verser 5 jours de
congés non pris
dans un PERCO ou un plan Article 83 ou un PERE.
- Si plan article 39 en place et non fermé
à de
nouvelles personnes, l'entreprise doit offrir un PERCO ou un Plan
article 83 pour tous les salariés,
- Obligation d'offrir une gestion financière
désensibilisée dans un PERCO à
l'approche de la retraite,
- Obligation pour le gestionnaire du régime de
fournir une
estimation de la rente future et de préciser les conditions
techniques et financières de transfert de
l'épargne
individuelle à un autre gestionnaire.
Principales nouveautés en épargne
d'entreprise
incluses dans le projet de loi en discussion. Point au 7
octobre
10 :
- Fléchage de 50% de la participation vers un
PERCO s'il
existe. Le fléchage de 25% de l'intéressement sur
le
Perco est proposé par la commission des finances.
- Possibilité ouverte aux salariés de
verser des
sommes sur le plan article 83 de l'entreprise en déduction
fiscale, dans la limite de l'enveloppe Fillon de 10% du
revenu
d'activité professionnelle. Cette mesure revient
à saper le PERE qui va se fondre dans le plan
article 83.
- Possibilité de verser 5 jours de
congés non pris
dans un PERCO, (peut-être aussi sur un PERE, un plan Article
83ou
un PERP, selon la proposition de la commission des finances)
- Possibilité de transférer 20 jours de
congés
épargnés dans un CET vers le PERCO, en
exonération
de charges urssaf et cotisations allocations familiales.
- Si plan article 39 en place et non fermé
à de
nouvelles personnes, l'entreprise doit offrir un perco, un pere, un
article 83 pour tous les salariés,
- Obligation d'offrir une gestion financière
désensibilisée dans un perco à
l'approche de la retraite,
- Obligation de négocier des accords PERCO, PERE
et article 83 de branche d'ici 2013
- Obligation pour le gestionnaire du régime de
fournir une
estimation de la rente future et de préciser les conditions
techniques et financières de transfert de
l'épargne
individuelle à un autre gestionnaire.
Epargne retraite : qui arbore le plus gros chiffre ?
Au Sénat,
en marge de la discussion de la loi de réforme des
retraites par
répartition, le débat sur
l'amélioration des produits d'épargne
retraite se poursuit. C'est l'occasion pour les promoteurs
d'épargne
salariale et d'assurance retraite de mettre en avant les encours
déjà
engrangés.Voici les chiffres publiés par la DREES
:
- Plans article
83 et PERE : les
encours au 31/12/2008 étaient de 42 milliards pour plan
article
83 et 100 millions € pour le PERE, respectivement pour environ
3.5
millions et 92000 assurés.
- PERCO
: des encours
à 3.45 milliards fin juin 2010, pour 630 000 porteurs.
L'essentiel de l'intéressement et de la
participation continue à s'accumuler dans les PEE
bloqués 5 ans seulement et qui offrent les mêmes
avantages
fiscaux. L'encours des PEE à fin 2009 s'élevait
à
82 milliards €. L'encours de plans article 83 et PERE
s'élevait à 42 milliards au 31-12-2008 (pas de
chiffres
publiés pour 2009). Le Perco reste peu significatif. De
plus,
les encours sont concentrés sur les salariés de
quelques
très grandes entreprises.
- Nombre de
porteurs en épargne salariale
: le chiffre de 11.8 millions de porteurs est
régulièrement cité, sans
préciser qu'un
même individu peut être comptabilisé
plusieurs fois.
Rien n'interdit - et c'est tant mieux - de conserver ses plans
d'épargne au fil des ses passages chez différents
employeurs. Les retraités restent souvent porteurs, surtout
lorsqu'ils détiennent des parts de fonds en actions de leur
précédent employeur. De l'avis de gestionnaires
eux-mêmes, ce chiffre de 11.8 millions peut être
aisément réduit à 8 millions pour
approcher la
réalité du nombre de salariés actifs
détenteurs d'épargne salariale. La
compétitition
pour être en tête du classement des gestionnaires
contribue
certainement à l'inflation de ces chiffres.
Coexistence des offres Epargne salariale et Assurance
retraite en entreprise
Compilation et commentaires de
données repérées dans le
rapport
de la commission des affaires sociales (rapporteur Dominique
Leclerc) et dans l'
avis de
la commission des finances (rapporteur Jean-Jacques
Jégou), tous les deux publiés le 29/9/10.
Le
rapporteur de la commission des finances du Sénat tente de
conciler les deux familles antagonistes. Extrait de son rapport du
29/9/10 : "Il [le raporteur] juge essentiel que puisse exister au sein
de
l'entreprise une offre alternative de produits de retraite collectifs,
obéissant à deux logiques différentes,
celle de
l'épargne salariale incarnée par le PERCO et
celle assurantielle
dont les contrats de
« l'article 83 »
constituent le
fleuron.
Ces offres doivent coexister, sans concurrence,
dans
la mesure où chacune peut répondre
à des
besoins
différents de l'épargnant salarié." Le
rapporteur
acte ainsi la
nécessité d'un foisonnement des offres
d'épargne
retraite d'entreprise.
Or six pages plus loin dans son rapport, il déplore le
manque de
lisibilité des offres pour les salariés. Pour y
remédier, il ne propose pas de fusionner des produits (PEE,
PERCO, article 83, PERE voire MADELIN, même type de produits
à cotisations définies). Il prône la
diffusion d'un
livret d'épargne salariale et de retraite. Qui va le
financer ?
Les
banquiers ? Les assureurs ? Les deux puisque des produits des deux
familles sont concernés. Ou encore une nouvelle obligation
pour
les
employeurs ? Le plus simple, soyons cynique, c'est une
ponction
sur
l'épargne des salariés. Cette mesure sera
facilitée par la réduction de
la gouvernance des plans d'épargne d'entreprise (voir le
§
édifiant sur
la
simplification de la gouvernance des PERE).
Calendrier à venir :
- 6 Octobre : début du débat au
Sénat
- Vote de la loi prévu le 17 octobre
- Discussion de la loi de financement de la
Sécurité sociale pour 2011,
- Discussion de la loi de finances pour 2011.
Le
projet du gouvernement a
été présenté à
la presse le 16 juin 2010. En voici nos commentaires :
Un projet actuellement centré sur la
réforme du régime de retraite de base
Pour les
salariés du
secteur privé, la réforme
présentée
concerne uniquement le régime Vieillesse de la
Sécurité Sociale, régime de base
appelé
aussi 1er pilier, qui est géré par la CNAV. Pour
mémoire, ce régime procure au maximum une
retraite
égale à un peu moins de la moitié du
plafond
annuel de la sécurité sociale, soit une pension
d'environ
17 000 € par an en 2010. Voir le
simulateur de la CNAV.
La pension Vieillesse est complétée d'une
retraite issue
d'un régime ARRCO pour tous et d'un régime AGIRC
pour les
cadres. La réforme du régime de base aura en tant
que
telle des conséquences sur le montant des retraites ARRCO et
AGIRC, par le mécanisme existant des décotes et
surcotes
notamment. De plus, ces deux régimes devraient
eux-mêmes
être réformés dans les mois qui
viennent.
Une mesure phare : le recul progressif de
l'âge d'obtention d'une pension de retraite
Le point 1 de la synthèse de la réforme du
gouvernement
dit : "Porter l’âge légal de droit
commun à
62 ans en 2018, en l’augmentant chaque année de 4
mois
à partir de la génération 1951, et
augmenter
parallèlement de deux ans l’âge
d’annulation
de la décote."
En d'autres termes, la mesure porte, d'une part, sur l'âge
minimum (ou âge légal de droit commun)
à partir
duquel un salarié pourra liquider sa pension de Vieillesse
qui
augmente progressivement de 60 ans à 62 ans, par pas de 4
mois
par an. Voir le
simulateur pour calculer son âge
minimum de départ en retraite si la
réforme projetée est mise en oeuvre.
La mesure porte, d'autre part, sur le recul de l'âge
à
partir duquel un salarié perçoit une pension
Vieillesse
au taux plein (ou "âge d'annulation de la décote",
à partir duquel les pensions complémentaires
ARRCO et
AGIRC ne sont plus minorées ou majorées en
fonction de la
durée effective de cotisation du salarié qui peut
avoir
ou pas "ses trimestres"). Cet âge passerait de 65 ans
à 67
ans. Comprendre le
système
de Décote /Surcote. Comprendre le
calcul de la pension Vieillesse et
notamment demander son relevé de situation personnel.
Des taxes sur des dispositifs
élitistes de
rémunération
exonérés de charges pour
contribuer au financement des retraites par répartition
Les
retraites Article 39 seraient encore plus
lourdement taxées
Le gouvernement entend agir sur les 3 leviers suivants :
- La contribution additionnelle de 30% à la charge
des
empoyeurs serait appliquée sur les rentes quel que soit leur
montant et non plus seulement sur les rentes supérieures
à 8 PASS (soit 276 960€ en 2010), ainsi que l'avait
instaurée la loi de financement de la
Sécurité
sociale pour 2010.
- La contribution de 16%
sur les rentes (à la charge de l'employeur) s'appliquerait
au
1er euro et non plus à partir d'une rente annuelle de 12
000€ (1/3 du PASS).
- Une contribution de 14% à la charge du
bénéficiaire serait créée.
Les bénéficiaires de régime de
retraite Article 39
ont intérêt à utiliser les marges de
manoeuvre
fiscales et sociales offertes dans les plans
Article 83 ou
PERE, nettement moins
taxés et qui sont ouverts aux très hauts salaires
depuis la loi Fillon de 2003.
Les futurs plans de stock-options seraient plus
lourdement taxés
Sur les gains de levée d'option, la contribution de
l’employeur passerait de 10 à 14 % et
celle du
salarié passerait de 2,5 à 8 %.
L'épargne retraite n'est pour l'instant
pas abordée dans le projet de réforme
Cependant, à l'instar du timing
observé lors de la
réforme Fillon de 2003, le gouvernement pourrait
prochainement
rajouter à son projet de loi un chapitre
dédié au développement
de l'épargne,
qui pourrait s'inspirer des propositions variées
émanant
de divers horizons. Par ailleurs, la règlementation de
l'épargne retraite pourrait être
modifiée par les
lois de financement de la sécurité sociale et de
financement pour 2011.
Les propositions de réforme de
l'épargne retraite d'entreprise - Point début
juillet 2010
Proposition de l'AFG du 1-6-10
Proposition de la FFSA (introuvable sur leur site !)
Proposition des
députés UMP et NC
Proposition EFAMA
Nos commentaires :
Proposition
de l'AFG du 1-6-10
Lire les proposition de l'AFG du 1-6-10
Proposition n°1 : "une fiscalité
cohérente avec la durée de l'épargne"
- alléger les taxes supportées par
l'employeur :
supprimer le forfait social de 4 % sur l'abondement au PERCO
et supprimer la taxe de 8.2% sur la part d'abondement au
-delà de 2300€
- alléger les prélèvements
sociaux sur les
produits financiers dégagés sur un PERCo
supportées par l'épargnant.
En contrepartie de ces allègements, les débocages
anticipés pourraient être soumis à
charges sociales.
Proposition n° 2 : "Prime
pour la Retraite en faveur des jeunes"
Sous l'argument que les jeunes seront les plus
pénalisés
par la dégradation des retraites par répartition,
l'AFG
propose une aide financière pour les jeunes. L'AFG propose
une
prime de 300€ par an maximum. Sur 40 ans, en
€
constants, à un taux d'intérêt annuel
raisonnable
de 3 %, cela procure un capital de 10245 €, soit une rente
annuelle 488 €, soit 40€ par mois,
à partir de 65
ans et jusqu'à son décès, si le jeune
a 25 ans en
2010, dans les conditions techniques actuelles de conversion en rente
(précompte des intérêts futurs sur le
capital de
rente à 2%). Il faut juste espérer sur cet
abondement de
l'Etat incite les jeunes à épargner
eux-mêmes pour
constituer une épargne d'un niveau signifiant.
Proposition n°3 : "Elargir
les sources d'alimentation du PERCO"
Idée d'orienter les flux de la
participation, de
l'intéressement, des IFC, du CET et des jours de RTT non
pris
vers le PERCO.
Idée de verser par défaut une partie de la
participation
des salariés sur le PERCO, ce qui augmenterait
automatiquement
le taux d'adhésion au PERCO dans les entreprises
équipées, d'une part et ce qui obligerait toutes
les
entreprises assujetties à la participation à
souscrire un
PERCO. Il s'agit des entreprises de plus de 50 salariés dont
la
participation est positive, employant 5 millions de
salariés. [A
partir de cette idée a été introduite
le 21
juillet par un amendement de députés UMP dans le
projet
de loi que la participation serait fléchée par
défaut pour 50% de son montant dans le PERCO que l'employeur
devrait mettre en place si nécessaire. La
même idée proposée
pour l'intéressement
a été rejetée par le ministre Woerth.]
L'idée de capter les primes d'IFC paraît
économiquement irréaliste car elle implique que
l'employeur monétise par anticipation une dette
hypothétique (conditionnée par la survie et la
présence du salarié dans l'entreprise).
Concernant le CET, l'idée serait d'augmenter le nombre de
jours
transférables vers un PERCO ou PERE (limité
à 10
jours par an actuellement).
Proposition
n° 4 : "Mieux
mobiliser les acteurs et mieux communiquer"
Conditionner la mise en place de plans de retraite élitistes
à celle de plans de retraite pour tous (PERCO, PERE ou
article
83).
Ouvrir le bénéfice des PERCO à tous
les
mandataires sociaux (aujourd'hui réservés aux
mandataires
sociaux des entreprises comptant de 1 à 250
salariés).
Développer l'information sur la retraite par
répartition.
Harmoniser la communication entre les entreprises sur les pratiques de
partage du profit.
Proposition n° 5 :
"Améliorer l'accès à
l'épargne retraite et
sa portabilité en créant un PERCO individuel"
Créer un produit individuel sur le modèle de
PERCO en
reprenant les caractéristiques
appréciées par les
salariés : versements libres, déblocage pour
acquérir sa résidence principale, sortie au choix
en
rente ou en capital.
L'AFG pointe le PERP comme inadapté aux personnes non
imposables
sans expliquer sa position. A priori, le PERCO n'est pas
particulièrement adapté
à des personnes
non imposables.
Pour l'AFG, ce produit individuel permettrait de favoriser la
portabilité de l'épargne retraite, alors que les
salariés sont de plus en plus mobiles.
Nous observons que la règlementation permet
déjà
aux salariés démissionnaires qui le souhaitent de
continuer à alimenter le PERCO de leur ancien employeur
si le nouvel employeur n'offre pas ce réceptacle.
L'idée serait
peut-être de créer ce que nous pouvons d'ores et
déjà observer sur le marché des
Article 83 et PERE
: certains salariés (avertis et opiniâtres)
après
avoir quitté un employeur ayant alimenté ces
dispositifs,
transfèrent systématiquement leurs avoirs sur un
PERP,
facilitant le suivi de leur épargne par sa
concentration
sur un unique plan qu'ils connaissent bien.
Ainsi, l'idée
de créer un PERCO individuel à pour corollaire de
préparer le désengagement de l'employeur de
l'épargne retraite. Cependant, contrairement aux
députés UMP NC qui le demandent pour le PERP,
l'AFG ne
propose pas de permettre un versement de l'employeur sur la
version individuelle du PERCO.
Proposition
du 30 juin 2010 des députés UMP et NC
Lire le rapport (pages 18 et
19)
Proposition n°10
: "Favoriser la diffusion du PERCO
en permettant sa mise en place par accord national interprofessionnel
(ANI) pour les salariés non couverts par ce type de
dispositifs."
L'argument est le suivant (Extrait) : "Le groupe de travail UMP-NC
souhaite encourager le développement de
l’épargne
retraite collective, à travers le PERCO, car
l’épargne collective offre de meilleures
performances pour
un coût souvent inférieur et des garanties de
transparence
également meilleures par rapport à des produits
classiques individuels." La meilleure qualité du
PERCO par
rapport à l'épargne individuelle
mériterait
d'être justifiée. Pour notre part, si dans les
très
grandes entreprises (4 millions de salariés du
privé),
nous constatons effectivement que les adhérants au PERCO
peuvent
souvent bénéficier d'opportunités de
placements
financiers de très bonne qualité, nous
n'affirmerions
pas les offres faites aux salariés de toutes les
autres
entreprises (12 millions de salariés du
privé), sont meilleures que celles qu'ils
peuvent
acheter à titre individuel.
L'idée de négocier un PERCO au niveau national
qui serait
disponible pour les salariés n'ayant pas accès
à
un PERCO dans leur entreprise doit être
précisée pour en démonter la
pertinence. A priori,
nous ne voyons pas ce que inciterait un salarié à
adhérer et verser au PERCO national dès lors
qu'il
manquerait à ce dispositif d'entreprise ce qui fait son
principal intérêt dans les entreprises qui
l'offrent
: l'abondement de l'employeur. Par ailleurs, la
règlementation permet déjà
d'accueillir des
salariés isolés dans les PEI et PERCO de branche
dont ils
relèvent. Cette faculté n'aurait jamais
été
appliquée.
Proposition n°11
: permettre à l’employeur d’abonder
directement le PERP souscrit par son salarié.
Extrait : "Pour les petites entreprises qui ne peuvent pas souscrire de
PERCO, il faut permettre
à l’employeur d’abonder directement
le PERP souscrit par son salarié." Cette proposition
paraît vouloir réinventer les plans Article 82
rendus
obsolètes car non collectifs par les nouvelles
règles d'exonération sociale issues de
la loi Fillon
de 2003. Il s'agirait de prévoir le mode d'application et de
contrôle des règles d'exonération
fiscale et
sociale dans la pratique de versement de cotisations retraite par
l'employeur sur un compte retraite individuel.
L'idée de permettre aux employeurs d'alimenter un plan de
retraite individuel peut être
intéressante pour une
autre raison : cette idée revient à les
décharger de la gestion administrative et
financière du
plan de retraite d'entreprise, pour laquelle ils ne sont pas
équipés.
Curieusement, l'argumentaire de cette proposition 11 comporte
l'idée suivante : "Enfin, afin de favoriser
l’épargne retraite, le groupe de travail UMP-NC
recommande
d’encourager un transfert progressif de la
fiscalité en
faveur de l’épargne courte vers une
fiscalité en faveur de l’épargne
longue."
Doit-on comprendre que le PEE serait voué à
disparaître au profit du PERCo, du fait de ses trop
gros
avantages fiscaux en contrepartie d'un blocage de 5 ans seulement, en
outre adouci par son cortège de cas de
déblocages anticipés qui ne remettent pas en
cause les
exonérations fiscales ?
Proposition n°9 :
favoriser l'utilisation du CET,
présenté comme une solution à la
question des
carrières longues et de la pénibilité
des
métiers ("dispositif innovant qui pourrait permettre mieux
prendre en compte d’éventuelles situations de
pénibilité tout au long de la vie
professionnelle").
Pour mémoire, le CET est alimenté librement par
les
salariés, avec leurs jours de congé non
pris.
Vouloir inciter des salariés dont le métier est
pénible à rogner sur leurs jours de
congés qu'ils
récupéreront en partant plus
tôt en retraite
n'est pas réaliste. L'espérance de vie de ces
personnes
est déjà sensiblement moindres que celle des
autres
salariés, ils seraient mal venus de se priver de loisirs
pour
travailler plus et rapprocher la date de leur
départ à la retraite !
Proposition
EFAMA : Les OCERP, prochains plans d'épargne
retraite européens ?
L'
EFAMA,
European Fund and Asset Management Association, propose dans un
rapport
dédié à l'épargne
à long terme
la création de produits d'épargne retraite,
baptisés les OCERP (Officially Certified European Retirement
Plan), respectueux de la fiscalité propre
à chaque
pays membre de l'UE, à adhésion par
défaut (mais
clause d'opt-out), et aisément portables dans toute
l'UE,
au gré des mutations professionnelles des individus. Affaire
à suivre, notamment dans le cadre de la consultation
européenne sur les retraites qui démarre (un
Green Paper
en vue).
Intéressement
- Certaines Directions du Travail exigent que
tout indicateur de chiffre d'affaires utilisé dans
un accord d'intéressement soit
déflaté, afin d'extraire l'effet prix dans la
mesure du progrès de ce type d'indicateur. Nous recommandons
aux employeurs de déflater
systématiquement les indicateurs de chiffre d'affaires pour
éviter d'éventuelles
requalifications de leur accord.
- Vous pouvez apprécier la position relative de
votre entreprise en matière d'intéressement sur
notre benchmark
intéressement,
- Nos prochaines formations
"Négocier un accord d'intéressement efficace et
motivant" : Programme
et calendrier.
Performance
des plans d'épargne et de retraite
d'entreprise
La qualité de la gestion
financière est cruciale
pour permettre à vos salariés de
préparer efficacement le financement d'un projet
sur un plan que vous leur proposez, qu'il s'agisse
d'épargne salariale ou d'assurance retraite
d'entreprise. Nous organisons une conférence le 6 juillet
2010 sur ce thème et présenterons des fonds
que vous pouvez facilement rajouter dans vos plans existants.
Programme de la conférence du 6 juillet 2010.
PERE
versus Plan article
83
Des voix s'élèvent
pour dénoncer la
complexité du PERP, et par là du PERE qui est sa
version collective, pour expliquer le faible développement
de ces dispositifs. Ainsi, certains
recommandent notamment de supprimer le comité de
surveillance, trop
compliqué à gérer et inutile. Il se
trouve que nous venons
précisément de constater les
bienfaits du comité de surveillance
d'un PERE inter-entreprises : les employeurs
siégeant au comité ont obtenu de l'assureur qu'il
supprime purement et simplement les frais de transfert collectif
à un autre assureur. Supprimer le comité de
surveillance du PERE serait un régression. Nous
apprécierions que cet organe de gouvernance
s'impose dans les plans Article 83 même anciens.
Actionnariat
salarié : soigner l'information financière
Nous présentons lors d'une
conférence le 1er
juillet à Paris, ASpro,
une prestation d'information financière des
salariés actionnaires de sociétés
cotées sur l'évaluation financière
comparée du titre de leur entreprise.
Programme
.
Gouvernance et
participation des salariés
Le Conseil d'Analyse Stratégique vient de publier un rapport
consacré à la gouvernance et à la
participation
des salariés. Vous pouvez consulter le
rapport
du Conseil d'Analyse Stratégique.
PERCO
Nous mènerons prochainement pour un commanditaire public une
grande
enquête sur le profil socio-économique des
adhérents au Perco. Si vous le souhaitez, vous
pouvez inscrire votre entreprise pour
participer
à l'enquête PERCO.
Equipement des
entreprises en assurance retraite
Voici les
résultats de
l'enquête
CSA pour
le Conseil d'Orientation des Retraites menée en 2010. Ce
type de
données est très rarement fourni, la
précédente livraison date de 2004.
Colloque
"Epargne
salariale" au Palais du Luxembourg le 18
mars 2010 : nos commentaires
Ce colloque
dédié au
thème
"Actionnariat
salarié, Participation et Intéressement : quel
avenir ?"
s'est tenu à l'initiative de la
FAS, Fédération des
Actionnaires Salariés et Anciens Salariés et sous
le haut patronage de la
sénatrice Isabelle Debré.
Karente a contribué à cette
journée d'étude en organisant les e-mailings qui
ont permis de réunir plus de 120 participants. Les
consultantes
de Karente Claire
Vaillant et Manuèle Pennera,
présentes au colloque,
commentent ici les exposés et les échanges qui
ont eu lieu. Nous rappelons que les actes du colloque sont en cours de
rédaction par la
FAS et
seront expédiés à tous les
participants et
personnes intéressées.
- Christian
Poncelet,
sénateur, ancien ministre et
président du Sénat
a ouvert la journée en brossant un tableau historique de la
participation. Il a rappelé la philosophie du
Général de Gaulle : "Entre la
brutalité du
capitalisme et l'aliénation du communisme, il existe une
troisième voie : la Participation" et a
ainsi fourni des
éléments
précieux pour comprendre la situation actuelle.
- Michèle
Monavon,
Présidente de la FAS, étant
retenue par des obligations professionnelles, a, dans sa lettre de
bienvenue, souligné que l'une des
caractéristiques de l'actionnariat salarié est
d'être un actionnariat à part entière,
complémentaire de l'ensemble des actionnaires
institutionnels et de l'ensemble des actionnaires individuels. Elle a
rappelé le comportement des actionnaires
salariés
durant la crise boursière : actionnariat stable,
durable et de référence pour les entreprises, ce
qui en fait une composante précieuse de la
stratégie des
entreprises. Elle a souligné que l'avenir de l'actionnariat
salarié est dépendant non seulement de cette
stratégie mais aussi de l'avenir de la
participation et de l'intéressement dans toutes les
entreprises, depuis les PME jusqu'aux plus grandes
sociétés cotées, et des
évolutions futures de la législation
afférente.
- Vincent
Dutfoy,
Délégué
Général et Président du
Comité Evénementiel de la FAS, a
présenté les activités de la FAS comme
instance de
promotion de l'épargne salariale et de l'actionnariat
salarié et a
rappelé les objectifs de la journée
d'étude : recenser et préparer les voies de
progrès constants de l'épargne salariale.
Maurice
Aumage,
Président du Comité Editions et Publications de
la FAS, consultant, spécialiste en organisation, a
présenté, dans un premier exposé, le
lien indispensable entre
l'organisation de toute entreprise et la participation des
salariés aux décisions. Dans un second
exposé
dédié au développement de la
participation dans
les "BRIC", il a mentionné les réponses
négatives - et donc édifiantes -
aux courriers de demande de
témoignage qu'il a adressé aux Ambassades de ces
pays.
- Jean-Claude
Mothié,
président d'honneur de la FAS et président de la
commission Epargnants à l'AMF, a proposé
notamment de 1/ supprimer la confusion entre l'administrateur
représentant les actionnaires salariés
et l'administrateur salarié représentant
les
salariés, 2/ rassembler dans un texte
synthétique l'ensemble des textes régissant
l'épargne salariale et l'actionnariat salarié,
dont les
20 instructions émises par l'AMF ces dernières
années traitant de l'information des épargnants
salariés, 3/ développer la formation,
l'information et
le conseil aux salariés, confrontés à
une abondance de l'offre de dispositifs
d'épargne salariale. et il a
évoqué l'intégration de
l'épargne salariale
dans la directive MIF, 4/ d'améliorer la
cohérence des textes par une directive au moins au niveau
européen, sans pour autant s'aligner sur le moins disant.
- Sébastien
Roux, du
ministère des Affaires sociales, a
commenté les
statistiques de diffusion de l'épargne salariale dans les
entreprises et expliqué leur mode de production
(statistiques
détaillées des volumes par type de dispositif
dans les
entreprises de plus de 10 salariés et simple
enquête d'existence de
dispositifs dans les entreprises de moins de 10 salariés).
Il a
également souligné l'absence de mesure
de
l'équipement des entreprises en dispositif d'actionnariat
salarié.
- Augustin
de
Romanet,
directeur
général de la Caisse des
Dépôts et
Consignations, a fait un exposé remarqué. Sa
lecture de
quelques pages de "Mémoires d'espoir" de De Gaulle (p999
Edition de la Pléiade) lui a permis
de rappeler la motivation profondément humaniste et sociale
de
l'inventeur de la Participation.
Il
a rappelé son expérience de
rédacteur des
ordonnances Balladur de 1986 portant sur
l'intéressement
dans la Fonction Publique, sujet d'actualité qu'il n'a
cependant
pas développé. S'agissant de l'épargne
salariale,
il a pointé "la vraie inégalité entre
les gens qui
ont accès à l'épargne salariale et les
autres", en
citant l'exemple de la "dactylo" du siège de Total qui en
bénéficie, contrairement au pompiste de la
station-service. Un participant fera remarquer l'effet pervers de la
formule légale de participation assise qui peut donner une
prime
individuelle modeste quand bien même les résultats
sont
colossaux.S'agissant
d'actionnariat salarié,
il a souligné
le non
intérêt du Medef pour cette question et
stigmatisé
"le patron français pas partageur, ni avec les
salariés
ni avec les capital-riskers" ; il a dénoncé les
entreprises
qui viennent solliciter une prise de participation de la CDC
dans
leur capital, alors même qu'elles ne développent
pas
l'actionnariat salarié. Interrogé par un
participant sur
la volonté de la CDC à effectivement conditionner
ses
prises de participation à l'existence d'un plan
d'actionnariat
salarié, il a précisé de pas
être "militant
de la coercition". Pour lui, la question sensible de la valorisation
des titres d'entreprises non cotées en bourse pourrait
trouver
une réponse simple en s'appuyant sur l'actif net. Sur la
question cruciale de la liquidité, il précise que
la CDC
peut être agent de liquidité, sous des conditions
techniques bien maîtrisées. Il explique
le faible
développement de l'actionnariat salarié par
l'exigence de
transparence qu'il requiert invariablement pour exister et la
volatilité des cours de bourse.. Interrogé sur
la protection des salariés épargnants, il a
convenu de la
nécessité d'un conseil personnalisé
tout en
fustigeant l'inclusion de l'épargne salariale dans la MIF
car
bien trop complexe pour être efficace et facilement
appliquée (Mif = directive
Marchés d'Instruments Financiers qui encadre la vente des
produits financiers dans le but de protéger
l'épargnant
financier individuel à l'exclusion de l'épargnant
salarié et de l'actionnaire salarié. Le porteur
d'assurance-vie individuel en Unités de comptes est
désormais protégé par la MIF depuis
les
ordonnances de janvier 2009).
- Stéphane
Huillet
,
représentant la CGPME, a exposé le point de vue
des PME
qui ont besoin d'un paysage simple et stable. Il a insisté
sur
l'importance de la communication et de la formation aux
dirigeants
et aux salariés pour assurer le développement de
l'épargne salariale.
- Viviane Neitter, APAI,
associée gérante d'Oratorio,
et membre de la commission Epargnants à l'AMF,
s'inquiète de la distinction dangereuse entre l'actionnaire
salarié et l'actionnaire individuel. Elle
a déploré le faible niveau de culture
financière des Français et souhaite que les
actionnaires salariés participent à des clubs
d'investissement pour se former. S'agissant de la participation aux
décisions et de la gouvernance, elle prône la mise
en
place du vote par Internet aux assemblées
générales pour les actionnaires
salariés et les
actionnaires individuels.
- Gilbert
Grall,
directeur
financier du Groupe Poclain Hydraulics a présenté
son
entreprise de 1500 salariés, non cotée,
très en
pointe dans son équipement en épargne
salariale (15%
du capital est détenu par 34 % du personnel). Il a
exposé
un projet
de création d'un livret d'épargne salariale
à taux
garanti par Oséo pour les salariés afin
de permettre
le financement du capital de PME non cotées. Nous
nous
interrogeons sur les inévitables effets de seuil
(effectif ou autre) que créerait un tel dispositif, sur la
définition d'une PME et sur le véritable objectif
d'un
tel livret. Nous pensons que l'épargne salariale se diffuse
mal en PME non pas par défaut de solutions de gestion
financière qui sont au contraire nombreuses et somme toute
relativement satisfaisantes, mais du fait de la complexité
des
dispositifs et du caractère trop instable du cadre
règlementaire. S'agissant de produit à rendement
garanti pour les salarié, rappelons que
l'entreprise a
toujours la possibilité d'emprunter les avoirs de ses
salariés moyennant un taux de rendement minimum
fixé par
la loi (au
TMO),
avec le système des comptes courants bloqués, en
perte de vitesse mais à
redécouvrir.
- Marco
Caramelli,
professeur-chercheur à l'INSEEC
Business
School, a
dressé dans un 1er exposé un panorama des
dispositifs
d'épargne retraite d'entreprise aux USA et nous avons
découvert la profusion de dispositifs (pas moins de 6). Nous
avons appris que les plans 401K, très
réputés en
France, sont en fait bien moins importants en nombre
et en encours que les ESOP's peu connus ici. Nous
avons
relevé avec
intérêt la liaison fréquente aux USA
entre un plan
de
retraite d'entreprise et une participation aux décisions
très concrètes et pratiques par les
salariés (a
minima une boîte à idées). Dans un
second
exposé, Marco
a présenté le résultat de 30 ans de
recherche en
actionnariat salarié en France.
- Pascal
Trideau,
directeur
général de la Confédération
générale des SCOP a
présenté le
modèle original de création de valeur par la
coopérative, utilisé par plus de 2000 SCOP
employant 40 000 salariés. Nous avons relevé
ainsi
que les SCOP sont pour 90% d'entre elles des entreprises de
moins de 10 salariés, mais que 98 % d'entre elles
utilisent
le dispositif de participation légale pour
partager leurs
résultats avec leurs salariés.
- Marie-Noelle
Auberger,
vice-présidente de APL-SAGL,
a attiré l'attention de
l'auditoire sur la société à
gestion partagée et ses qualités peu
connues.
- Manuèle Pennera,
consultante
associée
gérante de Karente
a proposé 3 points de modernisation de l'épargne
salariale : 1/ Supprimer le caractère obligatoire de la
participation légale, 2/ Sensibiliser les employeurs
à leur
rôle de surveillance de la gestion financière des
avoirs
de leurs salariés [voir à cet égard
sur Natixis-Interépargne
l'avantage n°6], 3/ Simplifier les dispositifs aujourd'hui
trop
touffus et se canibalisant (notamment le PEE et le
PERCO). Voir la
présentation projetée lors du colloque.
- Paul Maillard,
président
d'honneur de Fondact,
qui a contribué à l'élaboration des
nombreuses lois modifiant l'épargne salariale depuis 30 ans,
a
exposé brièvement ses vues sur
l'épargne salariale
aujourd'hui. il a notamment pointé la tendance
fâcheuse
à utiliser l'épargne salariale
comme instrument
d'optimisation des rémunérations et
d'épargne
retraite. En conséquence, il ne s'étonne pas
de la
création du forfait social.
Enfin,
pour clôturer la journée,
Isabelle
Debré,
sénatrice des Hauts-de-Seine, rapporteur de la loi du
31-12-2006
modifiant l'épargne salariale, et membre du Conseil
d'orientation de la participation, de l'intéressement, de
l'épargne salariale et de l'actionnariat salarié
(
COPIESAS)
(ex-Conseil Supérieur de la Participation), a
exposé sa vision de ces dispositifs, en appelant de ses
voeux
une simplification, qui pourrait passer par la fusion de
l'intéressement
collectif et de la participation aux résultats. Elle a
indiqué qu'un
texte pourrait voir le jour d'ici quelques mois. En
prévision de
ces travaux parlementaires, elle a écouté
attentivement
les questions et commentaires des participants :
- Un projet de fonds d'actionnariat
salarié
assorti d'un rendement garanti pour les salariés
et à volatilité limitée par
la
mutualisation du risque Ouvrir la possibilité
d'investir ses
avoirs en actions de son entreprise dans le Perco,
- Dans
l'éventualité d'une
fusion
Participation-Intéressement, veiller à
préserver les qualités de flexibilité
et de proximité de l'intéressement qui en fait un
outil précieux de motivation,
- Le projet du livret
d'épargne
salariale
porté par Gilbert Grall (cf. supra),
- Les
difficultés de calcul de la
participation
légale dans un groupe comptant de nombreuses filiales,
- Une remarque sur
l'inadaptation de l'expression
"Epargne
salariale" puisque désormais les dirigeants non
salariés
d'entreprise de moins de 250 salariés ont accès
à
tous les dispositifs d'épargne salariale,
Isabelle
Debré a rappelé sa
préférence pour des dispositifs non coercitifs.
Pour
autant, interrogée sur l'idée de mettre fin au
caractère obligatoire de la participation légale
aux
résultats, elle a répondu que cette
idée lui paraissait inenvisageable.
Isabelle Debré invite les participants à
lui envoyer toute
idée de modernisation de l'épargne salariale, en
direct ou via la
FAS.