L'abondement au PERCO
L'abondement est l'effort financier que doit
consentir l'employeur s'il veut que des salariés
adhèrent au PERCO qu'il propose
La règlementation n'impose pas de minimum d'abondement de
l'employeur sur un PERCO (en dehors de la prise en charge les
frais de tenue de compte). En pratique, il est inutile de
proposer aux salariés un PERCO non abondé par
l'employeur. En effet, aucun salarié ne viendra y faire des
versements. Il n'y trouverait aucun avantage fiscal : en effet, pour
exonérer son intéressement ou sa participation, il
préfèrera les placer sur le PEE -
toujours proposé aux côtés d'un PERCO - car son
argent y est plus disponible. Il ne trouverait pas non plus d'avantages
en terme de placements financiers, au contraire : les deux types de
produits de placements qui attirent les salariés sur un PEE
sont : des actions de son employeur (souvent proposées avec
décote et abondement spécifique) et des placements
à taux garantis par l'employeur (les comptes courants
bloqués, qui sont réservés à la
participation). Ces deux produits ne sont pas proposés sur un
PERCO.
Comme réceptacle de jours de congé, un PERCO
même non abondé peut être une bonne solution
d'épargne à offrir à ses salariés. Si le
salarié a accumulé des jours dans un compte
épargne temps (CET), il peut en transférer jusqu'à
10 par an sur son PERCO, en franchise d'impôt sur le revenu et
d'une partie des charges sociales salariales et patronales. Si le
salarié n'a pas accès à un CET, il peut
directement placer sur son PERCO jusqu'à 5 jours de congé
non pris par an (au-delà des 24 jours ouvrés
incompressibles), et ce dans les mêmes conditions
d'exonérations fiscales et sociales que celles prévalent
pour le trasfert CET-PERCO.
L'employeur ne peut abonder au delà des frais de tenue de compte les sommes
issues du transfert d'une épargne en provenance d'un autre PEE, PEI, PERCO ou PERCO-I.
L'abondement est plafonné
L'employeur peut abonder chaque année les versements de chaque salarié
jusqu'au triple du montant qu'il verse, dans une limite de 16% du Plafond annuel de la
sécurité sociale par an, soit
5656€ en 2011. Pour mémoire, un employeur peut abonder à la fois les sommes versées sur
un PEE et un PERCO,
soit au maximum à 2828 + 5656 = 8484 € en 2011.
L'employeur peut verser un abondement d'amorçage
Depuis une loi du 3/12/2008, un employeur peut verser un "abondement
d'amorçage" (ou "abondement de
bienvenue") sur le compte de ses salariés, avant que
ceux-ci aient effectué un versement. Ce versement
d'amorçage est plafonné à 340€ par
salarié environ (1% du plafond annuel de
la SS). Il est déconnecté du versement du
salarié et n'est possible qu'une seule fois à la
création du PERCO (il n'est plus possible sur des PERCO mis en
place avant la promulgation de la loi du 3/12/2008). En pratique, les
gestionnaires
répugnent à promouvoir ce type d'abondement ponctuel qui
risque de
leur faire ouvrir des comptes d'épargne alimentés de
ce seul versement initial, ce qui n'est pas rentable pour eux.
La règle d'attribution de l'abondement est obligatoirement collective, mais
elle peut être modulée
L'abondement peut
varier en fonction du versement du salarié, en fonction de
l'origine des sommes (l'intéressement et la participation sont
abondés mais pas les versements volontaires par exemple). Il
peut être modulé en fonction de
l'ancienneté et peut aussi être modulé en
fonction du
salaire, en exprimant l'abondement en % du salaire. En aucun cas
la formule d'abondement doit rendre le rapport abondement/salaire croissant avec le
salaire. Rares sont les accords de PERCO utilisant cette
souplesse. Consultez-nous !