Education financière accélérée grâce à la crise
Dans son article des
Echos.fr,
une journaliste rapporte un sondage et déplore que 9
Français sur 10 considèrent les actions comme un support
financier risqué. Pour notre part, nous considérons au
contraire les Français comme presque parfaitement
éduqués et espérons qu'ils soient bientôt
tous conscients que les actions sont des supports risqués. Mais
pour celui qui en a le courage, le goût ou les
possibilités, détenir des actions est un bon moyen de
faire fructifier son épargne dans la durée et notamment
en vue de sa retraite.
Montage illégal
Dans un récent appel d'offres, un gestionnaire a
proposé de créer pour les salariés de l'entreprise
un FCPE dédié, fonds de fonds, comprenant notamment un
FCP privé, fermé et réservé à un
petit groupe d'institutionnels. Nous avions exclu d'emblée cette
proposition de fonds qui nous paraissait opaque. Nous avons
découvert par la suite que l'AMF interdit en fait très
clairement ce genre de pratique dans sa position-recommandation AMF
n°2011-25 "Guide des bonnes pratiques du suivi des OPC", point
6-8 concernant la commercialisation des opcvm dédiés
à 20 souscripteurs au plus. Il est bien légitime
d'interdire de diffuser à un public large de salariés non
avertis un fonds réservé à des institutionnels.
Dialogue de sourds
Un chat en Avril 2010 sur Les Echos.fr animé par des représentants de BNP Paribas ERE :
mjrc: Le fonctionnement de ces
conseils annuels est-il actuellement normal et conforme à ce
qu'a voulu le législateur lors de leur institution? Que valent
les votes façon république bananière, quand les
informations mises à la disposition des salariés sont
manifestement tronquées, la gestion effective masquée,
etc? Qui a le droit d'inscrire des projets de résolution
à l'ordre du jour et que valent les conseils tenus sans tenir
compte des demandes faites en ce sens ou quand la convocation ne
précise pas l'ordre du jour détaillé (ou ne met
pas préalablement à disposition des représentants
du personnel les documents supports indispensables: ils sont souvent
distribués lors de l'émargement)? Quel sont les pouvoirs
de l'AMF lorsque de tels et réels dysfonctionnement lui sont
signalés? Que se passe-t-il si le gestionnaire n'obtient pas son
quitus?
favier_lamy (BNP Paribas ERE):
Votre question nous inquiète, car elle ne correspond pas
à la vision que nous en avons pour notre Établissement.
En effet, en ce qui nous concerne, nous convoquons annuellement les
conseils de surveillance (CS) de nos fonds multi-entreprises. Nous
avons mis en place un site Web dédié où toutes les
informations nécessaires sont mises à la disposition des
membres des CS*. Lors des séances, les gérants viennent
rendre compte de leur gestion. Ils présentent leurs performances
au regard des benchmarks ( indices de référence) retenus.
Les résolutions présentées sont expliquées
et soumises au vote. Le résultat des votes est également
annoncé en séance, les bulletins étant mis
à disposition pour qui souhaiterait les vérifier. Pour
les fonds dédiés, le process est plus simple puisque les
réunions sont souvent organisées dans l'enceinte de
l'entreprise qui a mis en place les accords. Si le gérant
n'obtient pas le quitus, il est des prérogatives du CS de
changer de gestionnaire. En cas de dysfonctionnement manifeste du
gérant, il est possible pour le CS de saisir l'AMF ou la
justice. L'AMF peut aller jusqu'à retirer l'agrément de
gestion.
Le 1er parle de conseil de surveillance de FCPE d'actionnariat
salarié et les seconds répondent sur le fonctionnement
des FCPE multi-entreprises. Pas de chance.
Grave erreur !
Un site de conseils boursiers écrit : "L’épargnant
peut également choisir d’investir sur des fonds
monétaires, dont le capital est garanti." Pauvres internautes
qui accordent du crédit à cette affirmation
complètement fausse : un placement en fonds monétaire
n'est absolument pas garanti et l'épargnant peut perdre une
partie de sa mise.
Pourquoi l'épargnant salarié ne bénéficie-t-il pas de la protection de la Directive MIF ?
Il aurait été décidé de ne pas mettre
l'épargnant salarié sous la protection de la Directive
européenne "MIF" (Marchés des Instruments Financiers) car
il serait trop compliqué en pratique de fournir les
informations
financières aux 11 millions d'épargnants salariés
et actionnaires salariés. Mais qu'est-ce que la
Directive MIF et à quelles informations les épargnants ont-ils droit ? Voir l'excellent dossier du site La Finance Pour Tous.
Résister à la tentation naturelle à instrumentaliser l’épargne des salariés
Nous observons fréquement que l’employeur tend à
privilégier le banquier de l’entreprise pour gérer
l'épargne salariale, cherchant par là à renforcer
sa position ; les syndicats salariés quant à eux tendent
à privilégier a priori les offres d’institutions
paritaires. Les deux parties perdent de vue
l’intérêt objectif des épargnants
salariés.
La mort du PERE : une erreur de la loi de réforme des retraites en 2010
"Il faut être vigilant dans l’accord collectif organisant le transfert d'un
PERE vers un
article 83
car le PERE est particulièrement protecteur pour le
salarié (actif cantonné, Conseil de
surveillance…)." admet un assureur. Pourtant, dans tous les
colloques actuellement, il est de bon ton de se réjouir
d'une apparente simplification du paysage de l'épargne retraite
organisée par la loi de réforme des retraites de novembre
2010 : les plans article 83 peuvent désormais recevoir des
versements libres des épargnants, à l'instar des
PERE créés par la loi Fillon de 2003, dont
c'était une originalité intéressante. Cette mesure
mettrait ainsi fin au dispositif PERE, considéré par
ailleurs comme trop compliqué et impossible à
commercialiser. Rappelons deux autres atouts originaux du PERE,
que l'on ne retrouve dans aucun autre produit d'épargne
d'entreprise :
- Le PERE doit fonctionner obligatoirement avec un fonds garanti
cantonné, dont les résultats financiers et techniques lui
sont dédiés. Ce mécanisme empêche l'assureur
de céder à la tentation d'organiser une spoliation
rampante des épargnants anciens vers d'autres produits
nouveaux, comme cela se pratique couramment sur les fonds
généraux d'assurance (qui sont eux non
cantonnés).
- Un comité de surveillance doit obligatoirement être
mis en place pour contrôler la gestion administative et
financière de l'assureur.
Le législateur de 2010 a balayé les avancées importantes en matière de
protection de l'épargnant introduites par le législateur en 2003,
c'est bien regrettable.
Les PERCO inter-entreprises protégeraient des "risques" ? Par quelle magie ?
Trouvé sur le site
GIP Info Retraite à propos du PERCO :
"Pour les petites entreprises, qui ne peuvent mettre en place leur propre Perco,
il existe des Perco inter-entreprises, permettant de mutualiser la gestion et
les risques."
Mais de quel risque s'agit-il ? Y a-t-il donc des risques sur un PERCO
? Affirmation vraiment étonnante sur un site officiel ....
Insupportable immission dans le compte d'épargne des gens : mais que fait la CNIL ?
On nous signale qu'une nouvelle
rubrique est apparue il y a peu sur les relevés de compte
d'épargne salariale d'un grand gestionnaire : « Votre
épargne salariale chez d’autres teneurs de compte ».
Le gestionnaire rappelle ainsi aux
épargnants qu'ils détiennent des avoirs
chez d'autres gestionnaires dont il donne le nom et l'adresse postale
et - c'est là que nous bondissons - les conseille
: « Vous avez la possibilité de transférer ces
avoirs sur votre compte d’épargne salariale en formulant
une demande par courrier ». Ce "service" implique la mise en
place de tuyauteries et d'échanges d'informations
individuelles concernant le salarié et à son insu. C'est
particulièrement désagréable et sans doute
illégal.
Possibilité de flicage patrimonial sur les PEE
Prestation louche proposée à un employeur dans
son courrier d'accueil à la souscription d'un PEE :
"Avec le numéro « Service aux Salariés »,
nous vous offrons également la possibilité
d’obtenir à titre confidentiel des renseignements sur les
opérations initiées par vos salariés. Ce
numéro ne doit en aucun cas leur être communiqué."
Perco violent
«Le perco, c’est bien pour quelqu’un qui veut
préparer sa retraite, qui veut être sûr de ne pas
toucher à l’argent, qui veut se faire violence. Mais moi,
je n’aime pas la violence ». Perco violent : voilà
ce que nous confiait un salarié d'une grande entreprise,
âgé de 34 ans. Nous l'interrogions à propos du Perco proposé par son employeur. Ce
garçon avait dès l'origine "profiler" son compte individuel en orientant les flux de
participation et d'intéressement vers le PEE, en n'envoyant sur
le PERCO que la part strictement nécessaire pour capter
l'abondement. Comme la majorité des gens que nous avions interrogé.
Sommes orphelines de l'assurance-vie
Depuis 2007, les avoirs
des contrats d’assurance vie non réclamés plus de
30 ans après le décès
de l’assuré sont affectés au fonds de
réserve des retraites (FRR). En
2009, 525.000 euros non réclamés ont ainsi
été versés au FRR, davantage
qu’en 2008 (353.966 euros). Quid des sommes orphelines de
l'épargne salariale (intéressement non
réclamé au bout d'un an après le départ
d'un salarié et versé à la CDC et épargne
placée sur un PEE, conservée par un teneur de compte
conservateur et tenue à disposition du salarié et des ses
ayants-droits durant 30 ans) ? Creusons....
"Marre des marchés financiers irresponsables ? Essayez l'ISR !"
Sous cette
accroche publicitaire
vigoureuse,
Transaction EDHEC, l'association d'élèves de
l'école de commerce EDHEC, vante les mérites
de la gestion ISR comme une parade aux dérives des
marchés financiers, en arguant du fait que les fonds ISR sont
labellisés par un organisme indépendant (Novethic). Ce
manque de
pondération nous paraît regrettable pour deux raisons au
moins : 1/ De
l'avis des experts de marché, sous le sigle ISR se cachent
aujourd'hui tout et n'importe quels fonds et Novethic n'a pas le monopole
du sigle ISR. 2/ Une sélection ISR, la plus correcte soit-elle,
ne mettra
jamais le fonds ISR, et donc l'investisseur, à l'abri de la
volatilité des
"marchés financiers irresponsables".
Fonctionnement des conseils de surveillance
Lors d'un
chat sur le site Les Echos.fr mi avril 2010, un
internaute a posé une question sur la gouvernance des
conseils
de surveillance des fonds d'épargne salariale (FCPE) qui traduit
un malaise grandissant pour ces fonds dont la surveillance paritaire est pourtant
présentée
comme un gage de qualité. Nous constatons
régulièrement le malentendu autour de cette surveillance,
tout particulièrement lorsqu'il s'agit de fonds multi
entreprises. Rares en effet les employeurs et les porteurs de parts qui
s'impliquent dans la surveillance de la gestion financière. Les
désignations des représentants de l'entreprise et des
porteurs de parts aux conseils de surveillance ne sont pas
systématiquement organisées. Quand les
représentants sont désignés, se pose la question
de leur participation effective aux conseils de surveillance. La
fréquentation est très faible, au point que les conseils
doivent parfois être convoqués jusqu'à 3 fois pour
atteindre le quorum requis. A défaut de quorum, la règlementation AMF permet à la
société de gestion agir de son propre chef. Consciente du
problème, l'AMF réfléchirait à instaurer un
collège d'experts chargés de surveiller la gestion des
FCPE multi-entreprises.
Des labels tu te méfieras
Mieux vaut savoir comment travaillent les entreprises qui
décernent des labels et comment elles en vivent. Trois exemples
anonymes (contactez-nous si vous voulez en savoir plus) :
- Un organisme décerne des labels aux produits
d'épargne d'entreprises standart (=packagés),
après analyse d'un questionnaire envoyé au promoteur du
produit. Il faut savoir que si le promoteur omet de répondre au
questionnaire, le produit est affublé d'un méchant "Avis
réservé", quant bien même le produit est
excellent. Une mention en toutes petites lettres précise que le
produit n'a pu être examiné faute de données. Le
même organisme peut décerner un précieux label
d'or, alors même que le produit en question présente de
notoriété de spécialiste, des défauts
importants. L'organisme en question vit d'une part de la vente des
magazines listant les produits et d'autre part de la vente
aux promoteurs des autorisations à publier le label obtenu pour leurs produits. Les clients finaux, chefs de
TPE ou PME ne connaissent pas l'existance de ce magazine, en revanche,
les commerciaux des différents réseaux l'utilisent
copieusement et n'hésitent pas à pointer le défaut
de label des concurrents ou à brandir le leur.
- Un organisme paritaire décerne sur demande, un label aux
produits d'épargne salariale qui respectent un cahier des
charges précis. Or les critères du cahier des charges
sont étonnamment peu travaillés techniquement. Ainsi,
l'organisme labellise des gammes de fonds dont les performances se
comparent à des indices de référence "Dividendes
non réinvestis", autrement dit, amputés d'une partie
de la performance, favorisant en ce sens le fonds par rapport à
son indice. Inadmissible, non ?
- Du côté des employeurs, nous avons appris
que certains labels du style "Entreprises où il fait bon
travailler" sont achetés chaque année, si l'entreprise
paie, elle reçoit le label, à condition de remplir
quelques critères. Mais si elle ne paie pas, elle est certaine
de ne pas être labellisée. C'est un mode de fonctionnement
à avoir en tête pour relativiser la portée d'un
label.
Compte-titres et OPCVM : deux poids, deux mesures !
Un individu
à la recherche d'un établissement pour
gérer le compte titres sur lequel il gèrera son argent se voit systématiqueemnt
remettre les tarifs complets de gestion du compte (frais de gestion,
frais de tenue de compte et frais de courtage), conformément
à la réglementation. Il devra
même signer le formulaire des tarifs s'il choisit
d'ouvrir son compte titres. Le même individu qui choisit de gérer son argent sur une SICAV ou un
FCP ne bénéficie pas de la même
transparence des frais. On lui remet un prospectus, document touffu et indigeste qui
n'affiche pas même les frais de négo
ciation
dans l’OPCVM. Comprenne qui pourra.
Epargnant salarié : dors tranquille, ton
argent est entre de bonnes mains....
Extrait d'une interview d'un commercial
d'assureur publiée sur le site d'une chambre de
commerce en mars 2009 :
Question : Le
salarié n’a-t-il cependant pas lieu
d’être inquiet en raison de la crise
financière ?
XX répond : « Les gestionnaires de fonds
de retraite ou d’intéressement travaillent par
définition à long terme et ne sont donc pas
sujets à céder à la panique ou
à sacrifier à la dernière mode en
matière de placement. Ils n’ont donc pas les
mêmes objectifs de rendement à court terme ou de
versement de dividende que d’autres gestionnaires. Ces fonds
amortissent donc bien mieux le choc que d’autres placements,
particulièrement en France, où la situation
n’a absolument rien à voir avec ce qui se passe
aux USA. De plus, le mode de gestion paritaire –
où les partenaires sociaux ont leur mot à dire
– offre une garantie supplémentaire de
sécurité, de transparence et de
pérennité. »
Promesses, promesses !
Lu dans la newsletter d'un gestionnaire d'épargne salariale
:
« La contribution financière de votre employeur
à
votre effort d’épargne augmente votre potentiel de
gain
».
Que l'abondement de l'employeur soit un plus pour le
salarié,
qui s'ajoute aux produits financiers de l'épargne, et, par
là, "améliore sa performance", soit ! Mais
l'abondement
ne peut en rien "augmenter le potentiel de gain" !
Lexique bien peu explicite
Issues du lexique d'un club d'épargne salariale, ces
définitions sybillines :
"Stratégie
de gestion : orientation d’investissements
d’un
FCPE permettant d’atteindre les objectifs de gestion
définis en fonction du profil de risque recherché
par le salarié. "
"Profil de risque
: exposition d’un FCPE aux
différents risques de marché. Le profil de risque
est déterminé essentiellement en fonction de
l’objectif recherché (gestion prudente,
équilibrée ou dynamique)."
Les leviers pour
fidéliser ses collaborateurs
Relevée sur un site, une
liste des points à travailler pour fidéliser ses
collaborateurs :
: un bon package de rémunération n'est
même pas cité. Pourtant un must !
"L'objectif de gestion du FCP
maître est de maximiser la performance par le biais
d'une gestion active et discrétionnaire". Comprenne qui pourra.