Cette rubrique recense quelques "étonnements"
vécus au
gré de nos balades sur le marché - surf
Internet, conférences,
conversations
avec les uns ou les autres, lecture de plaquettes ou de documents
commerciaux. Nous plaignons de
tout coeur les décideurs et les épargnants
salariés confrontés au jargon et au boniment
autour de l'épargne d'entreprise.
Sommes orphelines de l'assurance-vie
Depuis 2007, les avoirs
des contrats d’assurance vie non réclamés plus de
30 ans après le décès
de l’assuré sont affectés au fonds de
réserve des retraites (FRR). En
2009, 525.000 euros non réclamés ont ainsi
été versés au FRR, davantage
qu’en 2008 (353.966 euros). Quid des sommes orphelines de
l'épargne salariale (intéressement non
réclamé au bout d'un an après le départ
d'un salarié et versé à la CDC et épargne
placée sur un PEE, conservée par un teneur de compte
conservateur et tenue à disposition du salarié et des ses
ayants-droits durant 30 ans) ? Creusons....
"Marre des marchés financiers irresponsables ? Essayez l'ISR !"
Sous cette
accroche publicitaire
vigoureuse,
Transaction EDHEC, l'association d'élèves de
l'école de commerce EDHEC, vante les mérites
de la gestion ISR comme une parade aux dérives des
marchés financiers, en arguant du fait que les fonds ISR sont
labellisés par un organisme indépendant (Novethic). Le
manque de
pondération nous raît regrettable pour deux raisons au
moins : 1/ De
l'avis des experts de marché, sous le sigle ISR se cachent
aujourd'hui tout et n'importe quels fonds, Novethic n'a pas le monopole
du sigle ISR. 2/ Une sélection ISR, la plus correcte soit-elle,
ne mettra
jamais le fonds ISR, et donc l'investisseur, à l'abri de la
volatilité des
"marchés financiers irresponsables".
Fonctionnement des conseils de surveillance
Lors d'un
chat sur le site Les Echos.fr mi avril 2010, un
internaute a posé une question sur la gouvernance des
conseils
de surveillance des fonds d'épargne salariale (FCPE) qui traduit
un malaise grandissant pour ces fonds dont la surveillance paritaire est pourtant
présentée
comme un gage de qualité. Nous constatons
régulièrement le malentendu autour de cette surveillance,
tout particulièrement lorsqu'il s'agit de fonds multi
entreprises. Rares en effet les employeurs et les porteurs de parts qui
s'impliquent dans la surveillance de la gestion financière. Les
désignations des représentants de l'entreprise et des
porteurs de parts aux conseils de surveillance ne sont pas
systématiquement organisées. Quand les
représentants sont désignés, se pose la question
de leur participation effective aux conseils de surveillance. La
fréquentation est très baisse, au point que les conseils
doivent parfois être convoqués jusqu'à 3 fois pour
atteindre le quorum requis ou à défaut laisser la
société de gestion agir seule. L'AMF est consciente du
problème et réfléchirait à instaurer un
collège d'experts chargés de surveiller la gestion des
FCPE multi-entreprises.
Des labels tu te méfieras
Mieux vaut savoir comment travaillent les entreprises qui
décernent des labels et comment elles en vivent. Trois exemples
anonymes (contactez-nous si vous voulez en savoir plus) :
- Un organisme décerne des labels aux produits
d'épargne d'entreprises standart (=packagés),
après analyse d'un questionnaire envoyé au promoteur du
produit. Il faut savoir que si le promoteur omet de répondre au
questionnaire, le produit est affublé d'un méchant "Avis
réservé", quant bien même le produit est
excellent. Une mention en toutes petites lettres précise que le
produit n'a pu être examiné faute de données. Le
même organisme peut décerner un précieux label
d'or, alors même que le produit en question présente de
notoriété de spécialiste, des défauts
importants. L'organisme en question vit d'une part de la vente des
magazines listant les produits et d'autre part de la vente
aux promoteurs des autorisations à publier le label obtenu pour leurs produits. Les clients finaux, chefs de
TPE ou PME ne connaissent pas l'existance de ce magazine, en revanche,
les commerciaux des différents réseaux l'utilisent
copieusement et n'hésitent pas à pointer le défaut
de label des concurrents ou à brandir le leur.
- Un organisme paritaire décerne sur demande, un label aux
produits d'épargne salariale qui respectent un cahier des
charges précis. Or les critères du cahier des charges
sont étonnamment peu travaillés techniquement. Ainsi,
l'organisme labellise des gammes de fonds dont les performances se
comparent à des indices de référence "Dividendes
non réinvestis", autrement dit, amputés d'une partie
de la performance, favorisant en ce sens le fonds par rapport à
son indice. Inadmissible, non ?
- Du côté des employeurs, nous avons appris
que certains labels du style "Entreprises où il fait bon
travailler" sont achetés chaque année, si l'entreprise
paie, elle reçoit le label, à condition de remplir
quelques critères. Mais si elle ne paie pas, elle est certaine
de ne pas être labellisée. C'est un mode de fonctionnement
à avoir en tête pour relativiser la portée d'un
label.
Compte-titres et OPCVM : deux poids, deux mesures !
Un individu
à la recherche d'un établissement pour
gérer le compte titres sur lequel il gèrera son argent se voit systématiqueemnt
remettre les tarifs complets de gestion du compte (frais de gestion,
frais de tenue de compte et frais de courtage), conformément
à la réglementation. Il devra
même signer le formulaire des tarifs s'il choisit
d'ouvrir son compte titres. Le même individu qui choisit de gérer son argent sur une SICAV ou un
FCP ne bénéficie pas de la même
transparence des frais. On lui remet un prospectus, document touffu et indigeste qui
n'affiche pas même les frais de négo
ciation
dans l’OPCVM. Comprenne qui pourra.
Epargnant salarié : dors tranquille, ton
argent est entre de bonnes mains....
Extrait d'une interview d'un commercial
d'assureur publiée sur le site d'une chambre de
commerce en mars 2009 :
Question : Le
salarié n’a-t-il cependant pas lieu
d’être inquiet en raison de la crise
financière ?
XX répond : « Les gestionnaires de fonds
de retraite ou d’intéressement travaillent par
définition à long terme et ne sont donc pas
sujets à céder à la panique ou
à sacrifier à la dernière mode en
matière de placement. Ils n’ont donc pas les
mêmes objectifs de rendement à court terme ou de
versement de dividende que d’autres gestionnaires. Ces fonds
amortissent donc bien mieux le choc que d’autres placements,
particulièrement en France, où la situation
n’a absolument rien à voir avec ce qui se passe
aux USA. De plus, le mode de gestion paritaire –
où les partenaires sociaux ont leur mot à dire
– offre une garantie supplémentaire de
sécurité, de transparence et de
pérennité. »
Promesses, promesses !
Lu dans la newsletter d'un gestionnaire d'épargne salariale
:
« La contribution financière de votre employeur
à
votre effort d’épargne augmente votre potentiel de
gain
».
Que l'abondement de l'employeur soit un plus pour le
salarié,
qui s'ajoute aux produits financiers de l'épargne, et, par
là, "améliore sa performance", soit ! Mais
l'abondement
ne peut en rien "augmenter le potentiel de gain" !
Lexique bien peu explicite
Issues du lexique d'un club d'épargne salariale, ces
définitions sybillines :
"Stratégie
de gestion : orientation d’investissements
d’un
FCPE permettant d’atteindre les objectifs de gestion
définis en fonction du profil de risque recherché
par le salarié. "
"Profil de risque
: exposition d’un FCPE aux
différents risques de marché. Le profil de risque
est déterminé essentiellement en fonction de
l’objectif recherché (gestion prudente,
équilibrée ou dynamique)."
Les leviers pour
fidéliser ses collaborateurs
Relevée sur un site, une
liste des points à travailler pour fidéliser ses
collaborateurs :
: un bon package de rémunération n'est
même pas cité. Pourtant un must !
"L'objectif de gestion du FCP
maître est de maximiser la performance par le biais
d'une gestion active et discrétionnaire". Comprenne qui pourra.