Principe de la Participation des salariés
Salariés et mandataires sociaux titulaires d'un contrat de travail bénéficient de la participation
Quand un accord de participation est en place (soit que l'entreprise y soit
contrainte parce qu'elle compte plus de 50 salariés, soit qu'elle l'ait
choisi), la participation bénéficie à :
- tous les salariés,
- les mandataires sociaux titulaires d'un contrat de travail,
à condition qu'ils aient au moins 3 mois d'ancienneté dans l'entreprise.
Les mandataires sociaux non titulaires d'un contrat de travail n'ont
pas
droit à la participation, même s'ils sont
considérés comme salariés par la
Sécurité sociale.
La participation n'est plus obligatoirement bloquée 5 ans
Depuis la loi du 3 décembre 2008, chaque salarié peut
choisir de percevoir immédiatement sa prime de participation,
mais elle est alors soumise à impôt sur le revenu. Pour
échapper à l'impôt, il peut choisir de verser sa
prime sur le PEE ou le PERCO de son entreprise. Important : par
défaut, la participation est bloquée dans le PEE de
l'entreprise, le salarié doit, sous quinze jours à
compter de la date d'attribution de sa participation, indiquer son
choix au gestionnaire ou à son employeur.
La moitié de la participation est automatiquement versée sur le PERCO de l'entreprise
La loi du 10 novembre 2010 prévoit que 50% de la participation
sera désormais investie automatiquement sur le PERCO de
l'entreprise, sauf indication contraire du salarié.
Notre commentaire de la mesure de blocage automatique de la participation sur le PERCO (22/12/10)
La loi de réforme des retraites du 10 novembre 2010 comporte une
mesure lourde de conséquences pour les salariés et leur
employeur dans toute entreprise distribuant de la participation aux
résultats et ayant ouvert un Plan d’épargne
collectif pour la retraite (PERCO). Près de 5,2 millions de
salariés peuvent être concernés, pour un montant
annuel de participation de l’ordre de 6,4 milliards € .
En effet, la moitié de la participation est désormais
affectée d’autorité au PERCO jusqu’à
la retraite, sauf avis contraire du salarié, qui peut choisir de
recevoir sa participation en argent ou la placer sur un plan
d’épargne d’entreprise (PEE ou PEG) nettement plus
flexible que le PERCO, tout en offrant exactement les mêmes
exonérations fiscales.
La nouvelle loi met en risque les salariés inattentifs ou
absents au moment de l’attribution de la participation : leur
part sera affectée au PERCO à leur insu. Ils se
découvriront un jour détenteurs de produits financiers
boursiers bloqués jusqu’à leur retraite, sans avoir
bénéficié de la moindre information
financière. Les employeurs se trouvent eux-mêmes dans
l’impossibilité de remplir leur devoir légal
d’information financière envers ces salariés.
Dans l’état actuel de la réglementation,
l’entreprise (plus précisément les
négociateurs de l’accord de PERCO) est responsable du
choix à l’intérieur du PERCO du support financier
qui reçoit cette participation affectée par
défaut. Lourde responsabilité pour lui : s’il
choisit un fonds par défaut sans risque, un salarié
pourra lui reprocher la trop faible revalorisation de son
épargne et donc la réduction de son pouvoir d’achat
- un fonds monétaire sans risque rapporte 0.50% par an
actuellement pour une inflation à 1.6%. S’il choisit un
fonds plus dynamique, le salarié pourra lui reprocher
l’effondrement de son épargne après une chute
boursière. La loi aurait du aller jusqu’au bout de sa
logique coercitive et désigner le fonds par défaut afin
de débarrasser l’employeur de cette responsabilité.
En la transférant à qui ? Avis aux amateurs….
Selon sa situation personnelle, le salarié peut avoir
intérêt à choisir un tout autre placement que le
PERCO, par exemple le PEE où il peut bénéficier
d’une aide financière de l’employeur ou de supports
financiers plus performants et interdits sur le PERCO tel qu’un
compte à rendement garanti par l’entreprise ou des actions
de l’entreprise. Le salarié peut avoir aussi
intérêt à saturer un plan épargne logement
à rendement garanti par l’État, assorti d’un
prêt immobilier à taux préférentiel. Le
salarié peut aussi tout bonnement ne pas avoir besoin
d’épargner pour sa retraite. En tout état de cause,
c’est à lui de décider, au vu d’informations
et de conseils financiers personnalisés et objectifs.
Enfin, le PERCO fonctionne avec des frais fixes payés par
l’employeur, frais qui sont très fortement
augmentés et prélevés sur l’épargne
du salarié lorsque celui-ci quitte l’entreprise, alors que
son épargne reste bloquée sur un PERCO
jusqu’à sa retraite. Les petits montants
d’épargne seront invariablement asséchés au
fil du temps par le simple jeu des frais. C’est inadmissible.
Investir à long terme pour sa retraite est une décision
personnelle importante qui doit être réfléchie. La
mesure de fléchage automatique de la participation sur un
produit de retraite est aliénante et va à
l’encontre du vaste mouvement actuel en faveur d’une
meilleure information des personnes avant tout achat de produits
financiers.
Prétendre améliorer la loi par un décret
d’application pour protéger les salariés et les
employeurs paraît vain. Il faut avoir le courage de supprimer
tout simplement le fléchage automatique de la participation vers
le PERCO, avant d’avoir à en gérer les
déconvenues inévitables pour les salariés et par
là, pour leur employeur.